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Critique du film de Nicole Garcia Un beau dimanche présenté en avant-première à Aix

Il faut croire aux dimanches !

• 14 janvier 2014 •
Critique du film de Nicole Garcia Un beau dimanche présenté en avant-première à Aix - Zibeline

Un beau dimanche, le titre du septième long métrage de Nicole Garcia, annonce le récit d’une aventure. Oui, «un beau dimanche» un garçon rencontre une fille. Lui, Baptiste (Pierre Rochefort) est instituteur-remplaçant, séduisant, jeune et… seul, revendiquant ce statut d’intérimaire et cette solitude. Elle, Sandra (Louise Bourgoin), saisonnière dans la restauration depuis toujours, semble lasse de ce nomadisme qui lui ôte la garde de son fils, Mathias, laissé à un père qui ne sait qu’en faire. «C’est bien l’intérim, dit-elle à Baptiste, on rencontre toujours des gens nouveaux. Dommage qu’on ne garde pas les anciens.» Tous deux, totalement en place, déterminés dans leurs gestes professionnels, paraissent pourtant décalés, flottants, hésitants. La réalisatrice dévoile peu à peu l’énigme des ces deux «sans-famille», leur passé, l’origine de ce mal-être et il est conseillé pour apprécier le film de ne pas en lire le synopsis complet. La caméra, légère, les accompagne au plus près dans un week-end vagabond, étrange et lumineux, où Baptiste ramène à sa mère le fils oublié par le père à la sortie de l’école, et où Sandra ramène Baptiste à la sienne incarnée par une magistrale Dominique Sanda. On retrouve les thèmes chers à Nicole Garcia : la filiation, le «fils préféré», le secret familial, l’enfance comme blessure qui ne guérit jamais, l’espace qu’on se donne ou qu’on nous donne pour exister, l’héritage des siens qu’on refuse ou s’approprie. Le scénario co-écrit comme toujours avec Jacques Fieschi laisse entrevoir ici un arrière-plan politique qui double l’histoire des personnages : mépris des classes dirigeantes pour le professeur des écoles ou la restauratrice qui exerce de leur point de vue «des métiers d’infirmes», expulsion brutale de ceux qui ne trouvent pas leur place ou leur compte dans la société. Mais le film reste avant tout romanesque, intime et optimiste : il faut croire aux dimanches !

ELISE PADOVANI

Janvier 2014Nicole-Garcia,-Louise-Bourgoin-et-Pierre-Rochefort-au-Renoir-le-14-janvier-2014-©-Annie-Gava

Un beau dimanche a été présenté le 14 janvier, en avant-première, au cinéma le Mazarin à Aix en présence de Nicole Garcia, Louise Bourgoin et Pierre Rochefort. Il sort en salle le 5 février

www.lescinemasaixois.com