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Vu par Zibeline

Un Barbier de Séville cinéphile à l’Opéra de Toulon

Il Barbiere di Cinecittà

• 28 décembre 2018⇒31 décembre 2018 •
Un Barbier de Séville cinéphile à l’Opéra de Toulon - Zibeline

Le public de l’opéra a assisté non à l’histoire du Barbier, mais à un tournage, mariant décors et projections sur grand écran, où techniciens et maquilleurs regardent en buvant leur café ou pouponnent les stars entre les prises. Ainsi, la mise en scène d’Adriano Sinivia relie avec pertinence l’origine populaire de l’opéra-bouffe à celle, tout aussi universellement italienne, de Cinecittà. Un parti pris amusant malgré des artifices parfois encombrants -notamment lorsque quelqu’un se glisse dans le parterre pour crier « Couper ! » entre chaque air.

Mais ces maladresses n’entament pas la réussite de la production, grâce au talent vocal et théâtral des artistes. Le quatuor des rôles principaux est composé de Vincenzo Nizzardo dans le rôle-titre de Figaro, baryton charismatique en personnage espiègle. Il donne la réplique à Juan José de León, sublime en Comte Almaviva éperdument amoureux -avec un timbre vibré des plus rares, large et beau… Ginger Costa-Jackson déploie une grande tessiture : elle atteint les aigus, réputés effrayants pour une mezzo-soprano, en virtuose. Elle est également une Rosina très convaincante, autant en jeune première malicieuse qu’en femme insoumise. La force de son personnage est amplifiée par le timbre de ses graves. Sa séduction d’Almaviva est plus active que de coutume, elle exprime son désir face à un comte ébloui et timide. Affairée dans sa cuisine, elle apprend que Bartolo -le talentueux Pablo Ruiz– souhaite l’épouser. Elle entonne alors « Una Voce Poco Fa », en écrasant à maintes reprises sa pâte au blé dur dans un geste rageur et défiant. Féministe.

La mise en scène ne nous épargne pas, malheureusement, un choix stéréotypé pour le travestissement d’Almaviva en Don Alonso, qui se mue alors en un homme très efféminé de qui l’on est censés se moquer. Fausse note, qui n’entache que peu l’humour et la personnalité de cette transposition cinéphile.

JULIUS LAY
Janvier 2019

Photo: Le barbier de Séville © Marc Vanappelghem

Le Barbier de Séville a été donné du 28 au 31 décembre à l’Opéra de Toulon


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