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Cosmos 1969 de Thierry Balasse ou la fascination des étoiles

Houston quantique

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Cosmos 1969 de Thierry Balasse ou la fascination des étoiles  - Zibeline

Ce soir-là, mon père est venu nous réveiller mon grand frère et moi pour voir l’évènement à la télé, il l’avait achetée spécialement pour ça… le compositeur et artisan du spectacle Cosmos 1969, Thierry Balasse pose les premiers jalons de l’évocation de la double révolution de cette année-là : le programme Apollo et l’arrivée sur le marché terrien des deux synthétiseurs « qui ont marqué le monde du studio et de la pop musique ». Un livret distribué à chaque spectateur détaille les étapes de l’opération Apollo 11, les interventions parlées des opérateurs au sol, les mots de Niel Armstrong, et, parallèlement, la démarche du spectacle, les musiques qui l’accompagnent, assorties de leurs lyrics, (Space Oddity de Bowie, Astronomy domine, Echoes, Set the control for the heart of the sun des Pink Floyd, Epitaph de King Crimson, Because des Beatles) et de notes expliquant leur relation avec le propos. Elles seront interprétées sur scène dans de subtiles réécritures. L’ombre envahit le plateau et la salle, seules les lumières des appareils électroniques vibrent dans ce passage qui nous emporte dans un voyage dans le temps et l’infini. Thierry Balasse s’affaire derrière les synthétiseurs, qui prennent l’allure des ordinateurs de la salle de contrôle de Houston. Ses compositions électroniques Muffie, Quanta Canta 1 / Ilyana et Quanta Canta 2 / Armstrong rythment le temps et l’espace, tandis que Fanny Austry suit la courbe suspendue, image de la trajectoire d’Apollo 11, en acrobaties époustouflantes chorégraphiées par Chloé Moglia. Corps immobile en équilibres improbables, lenteur puissante de l’être humain qui franchit les limites, technologie et fiction sont enfin une, l’onirique prend vie. Les compositions contemporaines épousent les ralentissements extrêmes où tout est en suspens. La musique de Purcell, O solitude, my Sweetest choice, catapulte les époques, renvoie au passé la réalisation de ses projections les plus folles. Poignant point d’orgue, « l’astronaute », seule dans la lumière vibrante, comme détachée de toute pesanteur, alors que l’ombre a effacé tous les repères, semble condenser dans son attitude toute la fragilité et la force de l’humanité. Bouleversant !

MARYVONNE COLOMBANI
Décembre 2018

Spectacle présenté au Théâtre des Salins, Martigues, le 11 décembre, et au Théâtre Durance, le 14 décembre, à Château-Arnoux-Saint-Auban

Photo : Cosmos 1969 © Patrick Berger


Théâtre des Salins
19 Quai Paul Doumer
13692 Martigues
04 42 49 02 01
www.les-salins.net


Théâtre Durance
Avenue des Lauzières
04160 Château-Arnoux-Saint-Auban
04 92 64 27 34
http://www.theatredurance.fr/