Pluie de concertos pour cordes à l’Opéra de Toulon

House of cordesVu par Zibeline

Pluie de concertos pour cordes à l’Opéra de Toulon - Zibeline

Pour son troisième concert symphonique de la saison, l’Orchestre de l’Opéra de Toulon, placé sous la baguette de Sergio Monterisi, recevait le 1er décembre quatre solistes de haut vol pour une soirée-événement où quatre concertos se succédaient avec bonheur, pédagogiquement introduits par Joël Nicod. Rick Stotijn ouvrait la soirée avec maestria sur le Concerto pour contrebasse en ré majeur de Jean-Baptiste Vanhal. De facture classique, cette pièce connue des contrebassistes faisait la part belle à une virtuosité technique débridée dans ces 2 mouvements extrêmes, enserrant un mouvement central plus élégiaque où l’aisance du soliste s’épanouissait dans des phrasés plus délicats. C’est ensuite la très expressive Camille Thomas qui poursuivait les hostilités avec l’incontournable Concerto pour violoncelle n° 1 en La mineur, op.33 de Saint-Saëns. Son talent et sa générosité ne firent qu’une bouchée de ce monument de conception très classique dans sa forme, sa virtuosité et sa technique d’archet étant en plus magnifiés par la sonorité impressionnante de son instrument. D’une facture résolument moins démonstrative, c’est le Concerto pour alto et orchestre à cordes de Karol Beffa qui emportait l’auditoire, transcendé par le jeu subtil de Lise Berthaud. L’alternance traditionnelle entre le soliste et l’orchestre était ici abandonnée au profit d’une trame discursive où un thème unique s’échangeait à travers les différents pupitres. Même si l’intérêt relevait davantage du mélange des timbres en forme de mirage acoustique que de la mise en valeur de la virtuosité de son interprète principal, cette redéfinition du rôle des différents protagonistes était d’un intérêt salutaire. Une réussite ponctuée par l’inévitable Concerto pour violon n° 1 en sol mineur, op.26 de Max Bruch, passage obligé lui aussi des candidats au statut de virtuose émérite. L’aisance et l’autorité du jeu sans excès de Simone Lamsma à l’entame de cette fin de soirée venaient mettre un magnifique point d’orgue à ce programme d’exception où, à quatre reprises, l’orchestre se montrait lui aussi impeccable.

ÉMILIEN MOREAU
Décembre 2017

Le concert Il pleut des cordes a été donné le 1er décembre à l’Opéra de Toulon

Photographie : Simone Lamsma © X-D.R

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