Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Horion de Malika Djardi dans le cadre du festival + de genres au KLAP

Hori(z)on pas si lointain

• 20 mars 2019 •
Horion de Malika Djardi dans le cadre du festival + de genres  au KLAP - Zibeline

Comme un film à sketches ou un album concept selon que l’on est plus sensible à la dimension cinématographique ou musicale, Horion déroule sept petites pièces, rythmées, souvent drôles, parfois obscures, aux références marquées. Malika Djardi, la chorégraphe, et Nestor Garcia Diaz composent un duo de danseurs paraissant traverser les époques sans être capables de dépasser leurs questionnements. À l’ouverture, dans le noir du plateau, d’inquiétants bruits retentissent, laissant deviner des coups de pioche, des grognements réprobateurs. Homme et femme primitifs quand ils apparaissent tels Eve et Adam, une feuille brodée sur leur combinaison transparente, mimant des scènes de chasse et de pêche, ils mutent après s’être entre-tués en mystérieux musiciens futuristes, jouant des percussions à même le sol, en tapant avec leurs membres sur des touches électroniques. Souvent leurs corps se font instruments. Ou aussi personnages angoissants avec des gants aux pointes métalliques rappelant un célèbre film d’épouvante. Les actes, ou plutôt les morceaux dansés qui s’enchaînent, sont marqués par une lumière, une musique (composé par Thomas Turine), des accessoires, une couleur chorégraphique, à chaque fois différents. Dans les gestes et les déplacements, on perçoit une esthétique tantôt japonaise (Horion est aussi le nom d’un héros de manga) tantôt tribale, à un moment même flamenca. D’où viennent-ils, que cherchent-ils ? Vaines questions. Horion traite non pas la relation de couple mais la relation tout court. À l’autre, au semblable ou à l’étranger. Une relation qui se traduit inévitablement par des tensions, des coups, conséquence logique à l’incompréhension ou l’ignorance. Mais de la conflictualité peut naître l’harmonie.

LUDOVIC TOMAS
Avril 2019

Horion a été joué le 20 mars à Klap Maison pour la danse, Marseille, en partenariat avec Le Merlan, dans le cadre du festival + de genres

Photo: c Loïc Benoît

 


Klap
Maison pour la Danse
5 rue du Petit Versailles
13003 Marseille
04 96 11 11 20
http://www.kelemenis.fr/