Première mondiale du dernier film de Luang Kiyé-Simon, Good bye Mister Wong

Histoires d’amoursVu par Zibeline

Première mondiale du dernier film de Luang Kiyé-Simon, Good bye Mister Wong - Zibeline

Le 24 Juillet, Luang Kiyé-Simon présentait en première mondiale à Marseille son dernier film : Good bye Mister Wong.

Soutenu par la Région, produit par Shellac Sud, et sélectionné dans la compétition internationale du FID 2020, il s’agit du deuxième long métrage de fiction de ce cinéaste qu’on dit marseillais -alors qu’il vit dans la Drome et tourne au Laos, rappelle-t-il avec humour.

Comme dans son premier film Tuk tuk Kiyé-Simon retourne dans son pays d’origine  plaçant ses personnages entre départs et arrivées, rupture et union.

France (Nini Vilivong) née d’un père français et d’une mère laotienne, revient auprès de cette dernière pour gérer l’affaire familiale : la location d’un bateau aux touristes ou aux hommes d’affaires sur le lac Nam Ngum. Mister Wong (Soulasath Saul), un milliardaire chinois amoureux de France, est venu acheter une flottille pour développer le tourisme, menaçant ainsi de ruine tous les petits entrepreneurs. Xana, l’amant de France, qui bûcheronne les arbres submergés par le barrage, s’apprête, sa dernière mission accomplie, à s’exiler  pour trouver du travail. Hugo (Marc Barbé) arrive de France pour retrouver Nadine (Nathalie Richard) sa femme qui l’a quitté un an auparavant et habite depuis, une île sur le lac.

Il y a ceux qui sont restés, ceux qui sont partis, ceux qui sont revenus, ceux qui sont de passage, et ceux qui mettent en péril l’équilibre fragile de ce petit paradis. Sous le calme des eaux, sous la splendeur tranquille des paysages voilés de brume, sous la lenteur des mouvements, se perçoivent la complexité des sentiments, la violence du monde tel qu’il est, tel qu’il va. Le réalisateur choisit de raconter linéairement sans pathos une double histoire romanesque : le mariage d’amour de France convoitée par trois hommes et la réconciliation difficile d’un vieux couple. Il dit avoir voulu réaliser un « mélodrame sans drame ». Mais c’est sa propre histoire d’amour avec le Laos qui donne sens au film. Le pays change comme le ferait un compagnon d’existence. Sens du détail concret, observation des gestes quotidiens, chants laotiens, musique des langages croisés, l’aspect documentaire du film n’est pas un arrière plan à la romance mais un élément constitutif. Le dépouillement et le minimalisme de la mise en scène, invariants du style de ce réalisateur, aussi. Tourné en 16 mm, Good bye Mister Wong nous donne à voir avec élégance et délicatesse, une beauté en sursis. L’horizontalité du lac et des longues pirogues à fleur d’eau, la verticalité des personnages comme des traits de pinceau suffisent à la représentation d’une tension, tout comme les aplats bleus de l’eau et des embarcations, déchirés par l’orange criard d’un hors bord. La floraison rouge des parapluies-ombrelles comme toute floraison, reste éphémère mais somme toute éternelle.

ELISE PADOVANI
Juillet 2020

Good bye Mister Wong, Luang Kiyé-Simon

Photo :  -c- Shellac

Cinéma Les Variétés
37 rue Vincent Scotto
13001 Marseille
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