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Vu par Zibeline

Le dernier film de Sandrine Veysset à l'affiche du César

Histoire d’une mère

• 15 février 2017⇒22 février 2017 •
Le dernier film de Sandrine Veysset à l'affiche du César - Zibeline

Le cinéma Le César, fermé depuis novembre, a enfin réouvert ses salles ce mercredi 15 février à 13h30. Au programme, entre autres bons films, celui de Sandrine Veysset Histoire d’une mère, qui mérite une visite au cinéma de Castellane.

Zibeline l’avait découvert grâce aux dernières Rencontres Films Femmes Méditerranée, et l’avait chroniqué :

Il était une fois dans une ferme tourangelle une mère trop jeune, jolie à croquer qu’on appelait Neige. Elle vivait, sans mari, avec Louis son fils mutique, auprès d’une grand-mère trop vieille, sorcière guérisseuse ronchonne, brodeuse aux doigts de fée, non loin de la demeure du fils du maire, un «prince» un peu méprisant sur le point de se marier.

Vingt ans après son premier long métrage Y aura-t-il de la neige à Noël ? (César de la Meilleure première œuvre en 97), Sandrine Veysset nous revient avec L’Histoire d’une mère inspirée d’un conte de Hans Christopher Andersen dont elle emprunte le titre, et que Lou Lesage en mère-enfant, lit à son petit garçon au coucher. Tantôt maladroite, butant sur un imparfait du subjonctif, tantôt experte en sortilèges, griotte envoûtante, profilée en ombre chinoise au seuil de la nuit, Neige devient dans ses cauchemars cette héroïne sacrificielle fantasmée par l’auteur danois. Une mère en quête de son enfant enlevé par la Mort et qui, pour le retrouver, acceptera de perdre l’éclat de sa jeunesse et jusqu’à la prunelle de ses yeux.

Dans un huis clos à ciel ouvert, entre ferme et château, lac et forêt, la réalisatrice suit le fil rouge du conte, dévoilé de nuit en nuit, et rebrode sans nous lasser, ses thèmes de prédilection : l’enfance, l’amour maternel qui ne va pas de soi, la campagne dans sa matérialité la plus concrète et ses mythes nourriciers. Il y a dans ce cinéma, la modestie d’une «leçon de choses», avec cette justesse de l’observation des gestes quotidiens ou des jeux d’enfants, mais surtout le luxe d’une «leçon d’être» qui laisse percevoir la rugosité de relations que ne fonde pas la parole. Les fractures sociales et intimes sont bien là, ainsi que les drames latents, la cruauté du monde et tous les non-dits, mais la force de consolation des belles histoires aussi. Et, chez Sandrine Veysset, cette force-là triomphe de tout.

ELISE PADOVANI
Février 2017

Photo © Zelig Productions


Cinéma Le César
4 Place Castellane
13006 Marseille
08 92 68 05 97
http://www.cinemetroart.com/