Marseille Objectif danse : recherche, liberté, questionnements sur le corps

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• 12 décembre 2013⇒13 décembre 2013, 18 décembre 2013⇒19 décembre 2013 •
Marseille Objectif danse :  recherche, liberté, questionnements sur le corps - Zibeline

Depuis 26 ans Marseille Objectif danse programme au plus près de la création contemporaine. Avec ses moyens, pas assez grands, Josette Pisani a fait venir à Marseille tout ce que la danse a vu éclore de recherche, de liberté, de questionnements sur le corps. Et grâce à elle on a pu découvrir dans cette ville, qui n’était pas encore Capitale mais qui était curieuse de tout bien au-delà de la Méditerranée, ceux qui créaient à nos portes, et ceux qui fabriquaient au bout du monde.

Trisha Brown est de ceux-là. Pour l’année Capitale et en coréalisation avec le nouveau Théâtre de la Joliette, Marseille Objectif Danse a programmé quelques-unes de ses courtes pièces, très flower power, délicieuses, et pas seulement. Une véritable philosophie du corps est à l’œuvre dès ces Early works. La chorégraphe américaine, très tranquillement, y abandonnait les carcans, et mettait en scène le corps dans d’autres exploits. Tout y repose sur la recherche de l’équilibre, l’entente entre les corps qui exécutent ensemble des jeux d’adresse simples et impressionnants, impossibles sans écoute de l’autre, inenvisageables sans cette grande liberté des années 70 qui vit naitre la post modern dance américaine. Tout est drôle, léger, et mine de rien met en scène les appuis dans l’espace, la distance et le rythme, la vitesse, la détente, la tension, tout le vocabulaire de cette danse si inventive… qui avait cessé de raconter des histoires et de masquer les corps.

Sad sad Sam

Dans la petite galerie marseillaise , le cycle l’art de la performance se poursuivait, très différemment. Matija Ferlin y expose sa douleur amoureuse, avec une grande simplicité, les yeux dans les yeux. Son visage couvert de pinces à linge, sa prostration, des mots qui défilent sur le mur et quelques chansons kitsch de rupture qu’il s’approprie en pleurant. La douleur est là, sensible, simple, recréée. Dite, de dos, comme un souvenir qu’il doit partager au-delà de la pudeur. Et juste quand il le faut, à la fin, alors que le corps a jusque là retenu ses gestes, Matija Ferlin danse, s’écartèle, choit, dessine sur le sol sa solitude habitée. C’est simple, une performance parce que la relation au public est directe, mais beaucoup plus distancé, construit, joué que les performances provocatrices des années 70. Contaminé par la représentation, mais très joliment !

AGNÈS FRESCHEL
Décembre 2013

Photo : Early Works © jp

Le cycle L’Art de la performance se poursuit jusqu’au 19 décembre

C’est l’oeil que tu protèges qui sera perforé

Christian Rizzo

Villa Méditerranée

les 12 et 13 déc

Carmen Shakespeare

Olga Mesa et Francisco Ruiz de Infante

Hors de tout présent

Sofia Dias et Vitor Roriz

La Friche

les 18 et 19 déc

04 95 04 96 42

www.marseille-objectif-danse.org