Vu par ZibelineL'œuvre d'Hervé Télémaque mise à l'honneur au Musée Cantini, à Marseille, jusqu'au 20 septembre

Hervé Télémaque fait son retour

• 19 juin 2015⇒20 septembre 2015 •
L'œuvre d'Hervé Télémaque mise à l'honneur au Musée Cantini, à Marseille, jusqu'au 20 septembre - Zibeline

Au Centre Pompidou puis au musée Cantini, 2015 est l’année du grand retour d’Hervé Télémaque, né à Port-au-Prince en 1937. «Une façon de réparer une injustice» pour Christian Briend qui souligne la nécessité de «proposer aujourd’hui une vision complète de son œuvre». Précisément à Marseille qui fut la première ville en région à acquérir, dès les années 1970, deux pièces* qui figurent en belle place dans cette rétrospective inédite. Longtemps identifié comme la «figure de proue du mouvement de la figuration narrative», cette appartenance, aussi indéniable soit-elle, a parfois minimisé le caractère politique de l’œuvre et l’engagement de l’homme. D’ailleurs le catalogue s’ouvre sur une citation d’Aimé Césaire extraite du Cahier d’un retour au pays natal

C’est donc en tenant à distance les étiquettes et les mouvements structurants de l’histoire de l’art contemporain que l’exposition s’attache à souligner le sens caché de son œuvre. En huit séquences chronologiques et thématiques, elle révèle l’originalité d’une carrière qui a débuté à New-York en 1957 (au moment du pic du mouvement expressionniste américain) et s’est développée progressivement puis définitivement à Paris autour de deux thèmes récurrents : la politique et la sexualité.

Un chemin de vie portée par l’écriture, la littérature, marquée par le déracinement et la maladie ; une curiosité irrépressible pour toutes les expressions embrassées par élans convulsifs, dans d’incessants allers et retours : peinture, collage, «sculptures maigres», assemblages, fusains et peinture encore. Comme ce monumental Fonds d’actualité n°2, créé après le raz de marée électoral de Jacques Chirac en 2002 qui dénonce «l’ivresse démocratique». «Je viens d’un pays épouvantable où le fait de voter est un geste inhabituel, inconnu. Voter est pour moi une jouissance démocratique. J’aime bien les urnes, j’aime bien les représenter». À près de 80 ans, Hervé Télémaque est plus libre que jamais.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Juillet 2015

* Suite à Magritte. Les vacances de Hegel, n°1 et Selles comme montagne

du 19 juin au 20 septembre
Musée Cantini, Marseille 2e

À lire
Hervé Télémaque, coédition Centre Pompidou-Musées de Marseille-Somogy, 35 euros

Photo : Hervé Télémaque, Selles comme montagne – 1979 – collection [mac] Marseille © Ceter – Ville de Marseille

 

Musée Cantini
19 rue Grignan
13006 Marseille
04 91 54 77 75
www.marseille.fr