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Vu par Zibeline

Le Duo KW au couvent des Minimes de Pourrières

Harmonies du soir

• 25 juillet 2019, 25 juillet 2019 •
Le Duo KW au couvent des Minimes de Pourrières - Zibeline

La dynamique association Opéra au Village, présidée avec un inépuisable enthousiasme par Suzy Charrue Delenne, invitait dans la délicieuse cour du couvent des Minimes de Pourrières le Duo KW sur un programme de musique française. Escale provençale pour les deux Steinway B de Clara Kastler et Hubert Woringer qui ont arpenté le monde entier avec leurs instruments. Dans l’assistance, on pouvait compter François-René Duchâble, inclassable et génial pianiste ami de ces deux grands musiciens. Est-ce la qualité de l’accueil, la beauté du cadre, la présentation fine nourrie d’anecdotes des œuvres interprétées ? Il y a dans ce concert quelque chose d’intime, une familiarité de salon de musique où l’on vient écouter et partager. On imagine le rendez-vous au café Austin à Paris entre Debussy et l’officier écossais qui lui passe commande de la Marche écossaise sur un thème populaire et Alphonse Allais entre les deux, dans le rôle de l’interprète, ou encore le même compositeur, admirant les toiles du peintre américain James Whistler et écrire ses Nocturnes, (Nuages, Fêtes et Sirènes), dont le Duo KW interprète Fêtes : notes colorées, tableau impressionniste vibrant de lumière… Voici Francis Poulenc qui affirme qu’il faut jouer Élégie, aux graves harmonies, avec un verre de cognac à la main et un cigare aux lèvres, tandis que la « note fatale » qu’est le ré, familière des Requiem, domine dans la Danse macabre de Saint-Saëns, où se fait entendre « l’accord du Diable », le triton (quarte augmentée, comme l’écart fa-si) que condamna la fin du Moyen… Le jeu fin et élégant des deux musiciens, leur évidente complicité, se glisse avec une intelligence sensible au cœur des répertoires, voici encore l’espièglerie du Scaramouche de Darius Milhaud, la Pavane de la Belle au bois dormant, la spirituelle fantaisie de Laideronnette, impératrice des Pagodes, de Ravel dont La Valse, somptueuse dans sa transcription de Dutilleux pour deux pianos, clôt le spectacle. En bis, le Clair de lune de Debussy, chatoyant et onirique, rêverie qui s’incarne…

MARYVONNE COLOMBANI
Juillet 2019

Concert donné le 25 juillet au Couvent des Minimes, à Pourrières

Crédit Photo : (Opéra au Village) Duo KW © MC