Vu par Zibeline

Gréoux s’ensoleille de Brésil grâce à la magique présence de Flavia Coelho

Gréoux Soleil

Gréoux s’ensoleille de Brésil grâce à la magique présence de Flavia Coelho - Zibeline

Marraine de la cinquième édition du  Festival Les Soirées du Château de Gréoux-les-Bains, Flavia Coelho offrait son énergie d’exceptionnelle performeuse, dans l’écrin de la cour du Château, comble, déjà enthousiasmée par la première partie proposée par Trio Combo Brazil.

« Est-ce que ça vous dit de bouger avec nous ce soir ? » Lumineuse, Flavia Coelho arpente la scène, danse, pulse, scate, murmure, vocalise, chante, emporte chacun dans l’orbe de sa musique, de son énergie. « Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis « un peu » speed », sourit-elle. Contrairement à beaucoup, elle ne se contente pas d’un concert « promotionnel » de son nouvel (et superbe) album, Sonho real, mais jongle entre ce dernier opus et les deux autres CD parus, Mundo meu et Bossa Muffin. Les rythmes du reggae, du raggamuffin, du dub, de la musique brésilienne, se mêlent avec une belle intelligence, et accordent à l’artiste une palette dans laquelle sa voix ensoleillée et mutine sait dessiner un univers pailleté. Le lieu où elle se trouve en est éclairé; on est convié au Paradis avec son Paraiso, poétique et fraternel. La banlieue, les difficultés se traduisent dans Periferia avec des mots qui parfois se bousculent. Certains morceaux illustrent bien sa remarque « nous les brésiliens, on a la tchatche, et les brésiliennes, ça parle vite ! » et se livrent à un ragga au débit ultra rapide. Bondissante, Flavia Coelho passe « Par-dessus » tous les obstacles, avec Por Cima, et fredonne « Je renais de mes cendres/ Je veux de la brise/ Un peu de paix » (« Tô voltando das cinzas/ Tô querendo brisa/ Um pouco de paz »). La jeune femme danse, joue, devient robot, aux gestes mécaniques, ou, liane flexible, s’élance, saute, joue de la guitare, prend, lors de l’un des nombreux rappels, la place du batteur (fabuleux Al Chonville) qui, avec son timbre de basse profonde, chante liberté et amour. On fond avec la chanson accompagnée du mélodica (Victor Vagh, magistral aussi aux claviers), dédiée au papa, resté au Brésil, et son émotion non feinte, puis avec Temontou, « dans la langue de Molière » : « Parce que tu es tous ces petits riens…. T’es tout ce que j’aime », douceur, avec un clavier qui se fait orgue de barbarie, flûté, sur un rythme délicieusement reggae… tendresse, amour partagé, générosité. On est conquis ! Les gens dansent avec un tel entrain que les gradins tremblent jusqu’à leurs racines ! Tout est bousculé, transporté, par le sourire de Flavia Coelho…Un art de la joie communicatif !

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Si vous passez par Gréoux, oubliez le nom de Gréoux-les-Bains, la ville est indubitablement rebaptisée Gréoux-de-Janeiro !

MARYVONNE COLOMBANI
Juillet 2017

Concert donné le 27 juillet dans le cadre des Soirées du Château de Gréoux-les-Bains (non ! Gréoux-de-Janeiro)

Photographies : Flavia Coelho en concert ©MC / Flavia Coelho et Gréoux-de-Janeiro © Marie Tardif