Retour sur le Best Of Short Festival qui s'est tenu du 15 au 17 novembre à La Ciotat

Grands courts et petits moyensVu par Zibeline

• 15 novembre 2013⇒17 novembre 2013 •
Retour sur le Best Of Short Festival qui s'est tenu du 15 au 17 novembre à La Ciotat - Zibeline

«Festival avec un budget inférieur à un billet d’avion pour l’Australie», (a dit en plaisantant son président Yvan Le Moine), sans autres subventions que celle donnée par la Ville de La Ciotat, mais avec la persévérance et le bénévolat de ses amis de longue date, grâce également aux dons de petits ou grands mécènes, le Best Of Short s’est tenu du 15 au 17 novembre. Il était accueilli dans la doyenne des salles, l’Eden, réchauffée par l’énergie de l’équipe. «Je fais chaque année mes adieux et je reviens, comme Aznavour ou Johnny !» a précisé avec l’autodérision qui le caractérise, le réalisateur belge. Et heureusement ! Sinon où verrait-on tous ces courts métrages qui ont réjoui les cinéphiles aux quatre coins du monde ?
Car en quelques heures, on a pu rencontrer des personnages étonnants : une jeune guide touristique qui souffre d’une étrange maladie puisque la moindre mélodie provoque chez elle gesticulation et danse qu’elle ne peut calmer dans Je sens le beat qui monte en moi de Yann Le Quellec ; ou un employé modèle que ses collègues, par moquerie, coiffent d’un bonnet d’âne et qui va ainsi découvrir sa vraie nature dans Edmond était un âne de Frank Dion. On peut croiser des personnages très attachants comme Saule, cette jeune fille lituanienne qui s’occupe de sa jeune sœur et gère toute la maison, attendant leurs parents partis chercher  du travail à l’étranger dans Laikinai (Temporaire) de Jūratė Samulionytė ; ou Hannah, une petite fille, en Hollande, à qui son papa, retourné dans son pays natal, manque terriblement et qui le retrouve à travers les tangos de Gardel dans Papa’s tango de Michiel van Jaarsveld. On aurait envie d’aider Myriam, femme battue qui a décidé de s’enfuir avec ses enfants dans Avant que de tout perdre de Xavier Legrand ou Rae, elle aussi brutalisée qui se retrouve dans un foyer et qu’une autre femme va aider à s’en sortir (Rae d’Emmanuelle Nicot) ou Raúl, un jeune paysan mexicain chargé de s’«occuper» du fils du propriétaire terrien local, tâche qu’il ne pourra jamais plus oublier dans Un mundo para Raúl de Mauro Mueller, ou encore le Kosovar, Adem, qui en 1999, en pleine guerre doit choisir qui sauver, son fils ou son neveu ; c’est Kolona qu’Ujkan Hysaj a réalisé à partir d’une histoire vraie.
On peut se retrouver dans des décors improbables comme la galerie, tout en tons jaune-orangé, d’un étrange collectionneur d’ombres dans Dood van een schaduw (Mort d’une ombre) de Tom Van Avermaet ou les espaces qui deviennent images de Sudd d’Erik Rosenlund.
Le jury présidé par Béatrice Dalle a choisi de primer : Un mundo para Raúl de Mauro Mueller, Tuba Atlantic de Hallvar Witzø (choisi aussi par le public) et Mon amoureux de Daniel Metge.
Il serait dommage que les fans de courts ne puissent plus profiter de ces pépites venues d’ailleurs !

ANNIE GAVA

Novembre 2013

Best of Festival
www.bestoffestival.com

Photo : Tuba Atlantic de Hallvar Witzø © Den norske filmskolen