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Vu par Zibeline

La Gioconda ouvre brillamment la saison lyrique de l'Opéra de Marseille.

Grand spectacle et belles voix!

• 7 octobre 2014, 10 octobre 2014 •
La Gioconda ouvre brillamment la saison lyrique de l'Opéra de Marseille. - Zibeline

La Gioconda, jouée à l’Opéra de Marseille en ouverture de saison, est d’abord un magnifique spectacle pour les yeux : les décors d’Eric Chevallier, les costumes de Jean-Pierre Capeyron nous font voyager à Venise au 17ème siècle dans une ambiance carnavalesque de commedia dell’arte où règne un tyran inquisiteur. C’est la mise en scène qu’avait créée Jean-Claude Grinda à Nice en 2006 (en coproduction avec l’Opéra de Wallonie) qui continue sa belle aventure et permet à beaucoup de (re)découvrir cet opéra qu’on ne voyait plus sous nos latitudes. Rares en effet sont ceux qui peuvent se souvenir avoir entendu Régine Crespin à Marseille en 1967 dans le rôle-titre ! Il en a pourtant des atouts cet ouvrage dont l’argument est inspiré d’Hugo : un drame passionnel quadrangulaire, alliant, pour le traitement musical signé Amilcare Ponchielli, un plaisir mélodique affilié à Verdi à une théâtralité préfigurant le vérisme.

Il faut de grandes voix pour chanter cette partition : elle nécessite de la puissance dans la déclamation. S’y sont frottés Callas, Tebaldi ou Caballe (à Orange en 1983), Pavarotti, Domingo, Corelli, Horne, Cossotto, Ghiaurov, Cappuccilli, Raimondi… Pas loin d’une trentaine de versions enregistrées (en studio ou live) existent de cet opus mettant en valeur les six registres vocaux d’opéra : soprano (La Gioconda), mezzo (Laura), alto (La Cieca), ténor (Enzo), baryton (Barnaba), basse (Alvise). Et l’on nage en plein romantisme avec des réminiscence ensorcelées du Trouvère, le diabolisme d’Iago (avant Verdi!), Roméo et Juliette et ses poisons…

Des voix !

A Marseille, la distribution tient hautement la barre ! Elle est emmenée par Marco di Felice, espion intrigant, distillant son fier baryton. Par lui le drame arrive, cet amoureux éconduit par la Gioconda incarnée par la solide Micaela Carosi (distribuée avec Elena Poposvkaya, pas en reste du point de vue des décibels… à découvrir le 10 octobre !). Béatrice Uria-Monzon est mal-mariée (à la basse inquisitrice Konstantin Gorny), mais brûle d’amour pour un beau Gênois banni par les autorités, un ténor de haut-vol miraculeusement tombé sur la Canebière après d’angoissantes péripéties : Riccardo Massi. Reste une voix profonde, image de matrone fragile (mais en rien vocalement !) et aveugle : l’alto chinoise Qiu Lin Zhan.

Que de monde sur la scène et dans la fosse pour un spectacle somptueux ! Outre des seconds couteaux de qualité (Jean-Marie Delpas, Mikhaël Piccone…), le Chœur de l’Opéra et les petits chanteurs de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône, l’Orchestre de l’Opéra dirigé à tours de bras par Fabrizio Maria Carminati, on goûte à de vrais ballets chorégraphiés par Marc Ribaud pour une quinzaine de danseurs qui apparaissent, figures mythologiques revisitées sortant d’une fresque au plafond, dans la fameuse Danse des Heures immortalisée par les autruches et les hippopotames du Fantasia de Disney. Un des sommets du show ! A ne pas manquer… s’il reste des places !

JACQUES FRESCHEL
Octobre 2014

Encore à l’affiche à Marseille les 7 et 10 octobre à 20h

Photo : La Gioconda – Opéra de Marseille © Christian Dresse

 


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