L’Académie Princesse Grace, une bouffée de jouvence sur les Imprévus

Grâce de l’imprévisibleVu par Zibeline

L’Académie Princesse Grace, une bouffée de jouvence sur les Imprévus - Zibeline

Particularité monégasque, alors que la région qui entoure la principauté est privée de toute sortie humaine, café, restau, spectacle, ici la vie suit son cours, avec les précautions en usage aujourd’hui. Dans le cadre de l’opération spéciale Culture et vous à Monaco, le Théâtre des Variétés accueillait les élèves de l’Académie Princesse Grace lors des Imprévus des Ballets de Monte Carlo. Il s’agissait ce jour-là de présenter le travail quotidien des jeunes élèves (pas de grande forme encore, la reprise des cours est encore récente, mais La Bayadère, malgré ses difficultés est envisagée par Luca Masala, directeur de l’Académie). Toute la technique de la danse est déclinée, depuis les positions, attitudes, arabesques, aux sauts, jetés, cabrioles, pirouettes, tours, glissés, fouettés, entrechat quatre, échappés, enchaînements, battements, pas de bourrée… le tout réalisé avec le sourire protocolaire de la danse classique, qui fait oublier les heures d’efforts, la douleur des muscles, pour que restent seule l’élégance et la joie communicative des gestes.

Nous entrons dans un livre où les mouvements tendent à la perfection. Le travail est accompagné par les trois pianistes de l’école, salués par les élèves à la fin de chaque séquence… Un pas de deux, un manège, variations de tempi, un peu de tutu romantique, et voilà la danse contemporaine qui remise les pointes au placard et laisse les corps exulter. Discipline et liberté se conjuguent : une jeune danseuse, Ashley Krauhaus, propose sa chorégraphie sur une musique de John McLaughlin, Girls with Red Shoes, allusion aux Chaussons rouges peut-être, mais surtout dénonciation des violences faites aux femmes. Quelle maturité et quelle maîtrise du propos ! Enfin, un véritable imprévu scelle la fin du spectacle, le jeune danseur Martinho Lima Santos est invité par le directeur à jouer un morceau de guitare, Cartorio de Miguel Araujo, sur lequel deux élèves (lusophones comme lui) effectuent quelques voltes improvisées… Déjà se dessinent les étoiles en ces beaux commencements.

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2020

Représentation donnée le 21 novembre au Théâtre des Variétés, Monaco

Photographie : Académie Princesse Grace Imprévus © Alice Blangero