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Vu par Zibeline

Les (et non le) derniers des Mohicans, c’est à Marseille, l’hiver

Goodbye Joliette

Les (et non le) derniers des Mohicans, c’est à Marseille, l’hiver - Zibeline

Noel Casale, auteur, comédien, et co-metteur en scène de cette pièce (avec Xavier Marchand) a travaillé près de 10 ans comme marin et docker sur le port de Marseille, entre la fin des années 70 et le milieu des années 80. Il est devenu comédien, puis a créé sa propre compagnie en 1995 (Théâtre du Commun), avant de retrouver Marseille et le quartier de la Joliette en 2010. C’est de l’évolution de ce quartier dont il est question dans Les derniers des mohicans ou Marseille l’hiver, où comment un quartier populaire, assez pauvre et à l’atmosphère interlope grouillant de vie et d’une population bigarrée, a subi une mutation radicale et s’est transformé en un quartier d’affaire.

Si Casale porte un regard plutôt désabusé et nostalgique sur la disparition d’un monde et d’une époque, il ne cède pourtant pas au pessimisme et réussit un spectacle généreux et plein de panache, convoquant un imaginaire riche, nourri par cette vie antérieure de marin/voyageur -des vidéos projetées prennent la forme d’un journal intime. À travers un point de départ astucieux (un homme -qu’il joue- prétend qu’on lui a commandé une conférence dont il ignore le sujet et demande à 3 ami(e)s de l’aider à la préparer), les 4 protagonistes vont ainsi multiplier les récits et les témoignages : il sera question d’un personnage de truand belge assez truculent (Hubertus Biermann), d’une libraire/pharmacienne objet du désir (Anne Lezervant, également scénographe et costumière du spectacle) et d’une jeune femme ayant grandie à New York (la lumineuse Marie Levy). Si le quartier de la Joliette est le point de départ du spectacle, il s’en éloigne progressivement : vers l’âge d’or du grand banditisme marseillais, en rejouant de manière jubilatoire la fin de French Connection 2, Rome avec Nanni Moretti, Tanger avec Paul Bowles ou le New York mythique des années 60-70 raconté par Patti Smith dans son merveilleux Just Kids. Les références cinématographiques ou littéraires abondent et nous parlent de manière intime. Loin de s’adresser uniquement aux marseillais ou à ceux qui ont vécu la transformation de la Joliette, le spectacle prend une dimension bien plus large et universelle, et se révèle être une belle invitation au(x) voyage(s).

LAURENT SUAVET
Février 2018

Les derniers des mohicans ou Marseille l’hiver a été joué du 11 au 14 janvier au Théâtre Joliette, Marseille

Photographie : Les derniers des Mohicans © Eric Rondepierre


Théâtre Joliette
2 place Henri Verneuil
13002 Marseille
04 91 90 74 28
www.theatrejoliette.fr