La fête de la science à Gardanne s’intègre dans le tissu scientifique et industriel de la ville

Geste minéraleVu par Zibeline

• 9 octobre 2014⇒11 octobre 2014 •
La fête de la science à Gardanne s’intègre dans le tissu scientifique et industriel de la ville - Zibeline

La fête de la science à Gardanne ne répond pas seulement à un phénomène rituel, elle s’intègre quasi naturellement dans le tissu scientifique et industriel de la ville, s’installe à l’école des Mines de Saint-Etienne sur le site Georges-Charpak et rayonne par son action sur les écoles, collèges et lycées. De nombreux ateliers aident à comprendre le monde, son fonctionnement à partir d’expériences simples et éclairantes, on découvre le grain dans tous ses états, du bac à sable au gravier et aux matériaux de construction. Tout un art du caillou, pays minier oblige, ainsi que la présence des entreprises Durance Granulats, la Semag, et de l’UNICEM (Union Nationale des Industries de Carrières et Matériaux de Construction) ! Et c’est là que le spectacle aussi trouve sa place ! La performance de la Compagnie Cobalt sur une chorégraphie de Marco Becherini, Pierre qui roule, nous entraîne sur le site de la Malaspine où déchetterie et carrière se complètent. On prend un bus à partir du site Georges-Charpak, guidés par un poète armé d’un immense parapluie rouge. Fantaisie verbale, nourrie de citations hugoliennes et rimbaldiennes, entre autres, goût des mots, des sens, des sons qui se catapultent… Le comédien Christophe Labas-Lafitte, « pourfendeur des oxymores barbares » se grise d’architectures poétiques. Le car prend une accordéoniste en route. Le paysage insensiblement se transforme, porté par les notes mélancoliques. On se croirait dans un film de Fellini ! On se presse dans la carrière. Décor brut, pierres concassées, machines énormes, arrachement de sa matière à la montagne, recyclage, production d’énergie… Quatre danseurs (Mélanie Venino, Claire Indaburu, Benjamin Gouin, Jérémy Pappalardo) vêtus de rouge –tellurique ?- arpentent les espaces, nous font passer d’un lieu à un autre, affrontent la quasi verticalité des roches, s’évertuent à la conquête de terrils, et retombent toujours, modernes Sisyphe, se fondent avec le sol, fausse immobilité, exécutent des pas de deux dans une arène délimitée par un outillage géant qui se tait pour laisser place au vent et à la musique. La mélancolie de Houria Aichi, les rythmes jazz de Didier Labbé, la veine slave et enthousiaste de Baro Drom Orchestar, la subtile poésie de César Franck habitent les lieux, leur accordent une indéniable magie. Science, art du verbe et du geste jouent une partition ensoleillée. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme »… par la grâce de telles démarches, tout se mémorise.
MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2014

La Fête de la science a eu lieu le 9 octobre à Gardanne.

Crédit photo : Maryvonne Colombani