Nicolas Tardy en résidence avec l'association Nouvelles Hybrides

Géo, mais tri poétiqueLu par Zibeline

Nicolas Tardy en résidence avec l'association Nouvelles Hybrides - Zibeline

L’association les Nouvelles Hybrides invitait, en résidence pour janvier 2020, Nicolas Tardy. Lors de la rencontre publique organisée à la bibliothèque de La Tour d’Aigues, Amandine Tamayo le soumettait à un fin et pertinent questionnement, soulignant le problème de définition quant à la catégorisation de cet auteur prolifique : écrivain, poète, plasticien, éditeur, performeur… « J’ai plutôt tendance à me définir ces derniers temps comme un écrivain, alors que je me voyais poète à mes débuts. Ce qui constitue un paradoxe, j’ai d’abord écrit en prose, et aujourd’hui en vers… » Explorateur des frontières, Nicolas Tardy se plaît aussi aux lectures publiques en collaboration avec des musiciens, ce travail apporte un rythme à son écriture et modifie son rapport au temps ; lui qui vient des arts plastiques peut considérer les mots comme « des briques de Lego à assembler » et use du traitement de texte « comme bande de montage ». Le premier livre évoqué lors de l’entretien, Monde de seconde main, propose un travail aigu sur le regard : « En regardant longtemps, se dessinent des strates de sens… l’image a rapport à la fiction, la clarté de la géométrie décrite se double d’opacité, le concret prend des allures abstraites. En déconstruisant le regard, on ne l’épuise pas, on l’ouvre. J’écris beaucoup et je rabote beaucoup dans une remise en cause des outils traditionnels. Travailler sur des séries est un moyen de relancer, je ne suis pas un coureur de fond, je compose des séries, comme de petits sprints. Si le travail de décalage désoriente le lecteur, c’est bien, à l’époque où tout le monde veut nous orienter ! » Le second ouvrage, Gravitations autour d’un double soleil, évoque par un subtil jeu d’énigmes, la vie du musiciens Sun Ra, et nous donne à voir l’histoire du siècle. Télescopages garantis ! « On n’est pas monolithiques ! » sourit celui qui voit « l’art comme une expérience »…

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2020

La rencontre a eu lieu le 25 janvier à la bibliothèque de La Tour d’Aigues

À lire

Monde de seconde main, éditions de l’Attente, 13€
Gravitations autour d’un double soleil, éditions Série discrète, 15€

Photographie : Amandine Tamayo et Nicolas Tardy © Laurence Bernis