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Vu par Zibeline

Tube absolu, Nabucco clôt triomphalement la saison de l’Opéra de Toulon

Génie en gestation

 Tube absolu, Nabucco clôt triomphalement la saison de l’Opéra de Toulon   - Zibeline

La musique du plus prolifique des compositeurs transalpins est venue clôturer la saison lyrique de l’Opéra de Toulon qui présentait Nabucco, un des premiers tubes de l’art vocal italien, avec son orchestre et ses chœurs placés sous la baguette de son nouveau directeur musical Jurjen Hempel. Le spectacle bénéficiait d’une mise en scène minimaliste, voire presque monolithique, en raison d’une présence humaine trop conséquente pour la taille du plateau. Les décors géométriques faits de lignes tendues à la verticale ou à l’oblique, à l’image d’un escalier en porte-à-faux sur le plan incliné de la scène, étaient d’une noirceur idoine. Lorsque l’on songe au propos mortifère de l’ouvrage, les costumes des personnages semblaient empruntés à ceux de guerriers ninja, lorgnant avec malice du côté de l’univers de certains jeux vidéos dont la violence est le fond de commerce.

Sur le plan vocal, la distribution était très bien servie avec une puissance conséquente et des timbres singuliers et bien différenciés. Réputé difficile, voire inutilement compliqué, le rôle d’Abigaille était chanté par la soprano Raffaella Angeletti avec un timbre qui manquait un peu d’homogénéité sur l’ensemble de l’ambitus et marqué par un vibrato parfois excessif ; sa maîtrise technique restait cependant évidente dans le phrasé des redoutables lignes mélodiques. C’est Sergey Murzaev qui chantait Nabucco, jouissant d’un chaleureux et remarquable timbre de baryton malheureusement terni par une prononciation de l’italien assez approximative. Evgeny Stavinsky (basse) emporta quant à lui l’adhésion unanime du public, fort du rôle conséquent et très bien chanté de Zaccaria, tout comme la Fenena, personnage à l’importance plus modeste magnifiquement interprétée par Julie Robard-Gendre, mezzo-soprano au timbre réjouissant. La naissance du mythe populaire de l’œuvre était on ne peut mieux portée par la présence massive des chœurs de l’Opéra de Toulon et de l’Opéra de Nice. Leur omniprésence dans la partition les rendant incontournables et en faisant un personnage à part entière, ils ont su mettre en évidence la force du nombre avec une belle cohésion et sans lourdeur excessive sur l’ensemble de l’œuvre : une réussite copieusement ovationnée par le public.

ÉMILIEN MOREAU
Juin 2018

Nabucco a été donné les 3, 5 et 8 juin à l’Opéra de Toulon

Photographie : Nabucco © Charly Jurine


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