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2e édition des Mémoires de la Belle à Marseille

Garder la mémoire

2e édition des Mémoires de la Belle à Marseille - Zibeline

Les Archives de Marseille et le Centre de conservation et de ressources du Mucem se sont associés pour la deuxième édition des Mémoires de la Belle.

Dans le quartier de la Belle de Mai, rue Clovis Hugues, se côtoient les Archives Municipales de Marseille et le Centre de Conservation et de Ressources du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. Les deux structures ont organisé conjointement la 2e édition des Mémoires de la Belle, manifestation qui avait déjà eu lieu en 2015 (retrouvez sur notre webradio notre entretien d’alors avec Émilie Girard, directrice du CCR).

Pour l’édition 2018, c’est la thématique de la présence italienne à Marseille qui a été retenue. Au sous-sol des Archives, les visiteurs ont pu découvrir Ciao Italia !, exposition sous forme de panneaux chronologiques. Car la cité phocéenne a longtemps été la « première ville italienne de France ». Jusqu’au début du XXe siècle, neuf étrangers sur dix étaient originaires de la péninsule, et ils y sont restés majoritaires jusque dans les années 1960. Par vagues d’immigrations successives, ouvriers, ouvrières et travailleurs agricoles se sont installés en Provence, souvent en butte à l’hostilité de leur pays d’accueil. À preuve, dans une vitrine, cet extrait du registre des délibérations du Conseil Municipal reconnaissant des dommages et intérêts à un homme blessé lors de la « chasse aux italiens » déclenchée en juin 1881, qui avait fait trois morts…

Au Centre de Conservation et de Ressources du Mucem, il était plus difficile de suivre le fil rouge de la manifestation. Car si ses collections ont certes des éléments italiens, ses missions ne doivent pas empiéter sur celles du Musée d’Histoire de Marseille. Les Mémoires de la Belle ont toutefois été l’occasion pour le public, comme lors des Journées du Patrimoine ou de la Nuit des Musées, de visiter les impressionnantes réserves de l’établissement. Dans ses sous-sols, un million d’item, objets collectés et documents. 8000 m2 de trésors, conservés à température idéale, avec des pièges à insectes régulièrement disposés et le moins possible de poussière. On croise ainsi dans l’appartement témoin de magnifiques marionnettes siciliennes, personnages en armure de la chanson de Roland, un pompon ayant appartenu à Vincent Scotto, issu de l’immigration italienne à Marseille et auteur de l’immortelle rengaine J’ai deux amours, une crèche napolitaine réalisée sous forme de terrain de football. « Ici on ne jette rien, jamais », précise le guide, « les collections sont faites d’objets du quotidien, un peu improbables, mais qui en disent long sur l’évolution de la société ».

GAËLLE CLOAREC
Octobre 2018

Les Mémoires de la Belle ont eu lieu les 13 & 14 octobre à Marseille

Photos : Palimpsest 01. Endri Dani, Tirana, Albanie, 2010 et Masque de cerf. Gonario Denti, Ottana, province de Nuoro, Sardaigne, 2005. Collections du Mucem  -c- G.C.