Le dernier film de Claire Simon en compétition française au 43e Festival du Réel

Garage, des moteurs et des hommesVu par Zibeline

• 12 mars 2021⇒21 mars 2021 •
Le dernier film de Claire Simon en compétition française au 43e Festival du Réel - Zibeline

Claire Simon est face à son village d’enfance dans le haut Var, Claviers, où elle a tourné 800 km de différence – Romance, un documentaire sur le premier amour de sa fille, Manon, et Greg, le fils du boulanger. La boulangerie a disparu. Claviers, aux maisons bien entretenues, est un village pour les vacanciers qui viennent s’y reposer. Un village où le lieu de vie est désormais le garage. Et c’est dans ce lieu clos mais ouvert à tous que la cinéaste nous plonge en immersion. Christophe (Salia) en est le patron et forme Romaric (Rousselle) qui va être son apprenti durant deux ans. La caméra de la cinéaste reste là, captant les gestes du travail, le pont qui s’élève et les corps des hommes qui se glissent dessous, le pignon fou qui empêche le moteur de tourner, les moteurs qui résistent et les mains qui s’acharnent, le rangement des pièces mécaniques et l’amie de Romaric, qui, souvent présente, nettoie les locaux. On y découvre un Christophe impulsif, impatient   ses « Putain ! Merde ! J’en ai marre ! » ponctuent le documentaire – mais toujours prêt à rendre service.

Claire Simon filme aussi les Clavésiens qui passent pour un conseil, une panne, une réparation que, parfois, ils font eux-mêmes, empruntant les outils, qu’habitués, ils savent où trouver. Et on en profite pour parler des futures élections, de la méthode pour avoir un garçon, pour prendre des nouvelles des uns et des autres. Une séquence surprenante où une jeune femme assez agressive se dispute avec Romaric qui lui réclame une batterie…acoustique, nous apprend que l’apprenti en jouait. Fort habilement, les gestes mécaniques de la scène suivante se font au rythme de la musique. En filigrane, se dessinent les rapports entre les hommes, entre celui qui sait et celui qui apprend, entre les hommes et les femmes, le plus souvent en arrière-plan. C’est par un travelling arrière vertical sur Claviers niché au creux des collines que se clôt le documentaire alors que sur l’image s’inscrit cette phrase de L’Éloge du carburateur de Matthew Crawford : « J’approchais de ce moment familier où après avoir traversé toutes les étapes de la démence et du désespoir, le mécanicien accède à une espèce de calme irréel. ». Une approche sensible et humaine, comme sait le faire Claire Simon.

ANNIE GAVA
Mars 2021

La cinéaste parle de Garage, des moteurs et des hommes sur WRZ.

Photo © Petit à petit production

Garage, des moteurs et des hommes est en compétition française au 43e Festival du Réel (en ligne du 12 au 21 mars) : https://www.cinemadureel.org/