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Le mémorable Trio Sōra, dernier concert du festival Présences féminines

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Le mémorable Trio Sōra, dernier concert du festival Présences féminines - Zibeline

Pour son dernier concert festivalier, Présences féminines a fait appel au talent du jeune Trio Sōra composé de Magdalena Geka au violon, Angèle Legasa au violoncelle et Pauline Chenais au piano, trois complices du Conservatoire de paris (CNSMP). Pour leur première toulonnaise dans l’écrin feutré du Foyer Campra de l’Opéra de Toulon, elles ont littéralement conquis l’auditoire par leur prestation de haute volée, manifestée par une envie évidente de sublimer la musique. En début de concert, elles interprétaient avec gourmandise le Trio en sol mineur, op.17 de Clara Schumann où se cotoyaient des moments de pure virtuosité, de lyrisme et de poésie intense dans un subtil équilibre des rôles au sein de la formation. Les quatre mouvements joués avec une énergie débordante s’achevaient sur des envolées frénétiques où le clavier, isntrument de prédilection de la compositrice, tenait un rôle éloquent. Vint ensuite la création mondiale de Fragments d’un discours de Michèle Reverdy, oeuvre voulue comme une filiation en hommage à Clara Schumann. Cette co-commande du Festival et de ProQuartet, d’abord présentée par son auteure pour y livrer des clés d’écoute salutaires, fut interprétée avec une force et un enthousiasme confondants. En émergeaient différentes parties aux caractères emblématiques, allant d’un lyrisme presque néo-romantique à la pure rythmicité en passant par des passages plus ciselés dans un jeu d’accentuation, construisant un récit instrumental cohérent où le dialogue entre les trois protagonistes était exploré dans une multiplicité de combinaisons avec une ferveur communicative : un futur classique, espérons-le.

Pour terminer le programme, une autre compositrice, « soeur de » cette fois, était mise à l’honneur. Dans son trio en ré mineur, op.11, Fanny Mendelssohn faisait également siens les canons esthétiques du romantisme : brillante pianiste, elle offrait une place de choix au clavier dans une virtuosité débridée en alternance avec des moments plus lyriques réservés aux archets. Du grand art, ponctué en bis par le troisième mouvement de Give me phoenix wings to fly. Dans cette œuvre, la canadienne Kelly-Marie Murphy utilise un langage aux accents rock fait de riffs furieux, de pizzicati, de glissandi et de pizz bartòk le tout martelé avec une frénésie entêtante comme si on entendait un Vol du Bourdon sous LSD : une composition envoûtante qui achevait une soirée musicalement mémorable et surtout 100% féminine. Chapeau !

ÉMILIEN MOREAU
Mars 2019

Ce concert a été donné le 19 mars à l’Opéra de Toulon, dans le cadre du festival Présences Féminines

Photo : -c- James Bihouise


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