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Vu par Zibeline

La Trilogie de Franck vue au Théâtre des Halles d'Avignon, et bientôt à Marseille

Franck et le silence

• 7 novembre 2013⇒8 novembre 2013, 4 février 2014⇒22 février 2014 •
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La Trilogie de Franck vue au Théâtre des Halles d'Avignon, et bientôt à Marseille - Zibeline

La Trilogie de Franck, que François Cervantes travaille depuis 1996 (l’année où il est retourné sur les bancs de l’école pour écrire le premier volet, La table du fond), englobe trois points de vue en cascade sur le rapport entre l’école et la famille. Deux acteurs remarquables, Nicole Choukroun et Stephan Pastor, jouent en 3h40 cette performance au plus près du public, où tous les liens psychologiques et les sous-entendus d’une micro société se dramatisent avec finesse et invention. Littérature et théâtre élèvent ici les esprits ; la famille symbolisant le poids, accablant, d’une libération obligatoire. Et silencieuse.

Tout part de la disparition de Franck que sa mère Sylvie, pourtant morte d’inquiétude et de solitude depuis 3 jours, ne déclare pas, ni à son père absent ni aux autorités. L’élève de 4e ne rentre plus à la maison mais continue d’aller à l’école, son refuge : «Il est heureux au collège» assurent les profs qu’elle rencontre pour savoir ce qu’il y vit. Pour connaître ce fils qui «fabrique du silence», a rempli le vide de sa vie mais lui reste inconnu. Et qui trouve dans les études son salut. Logique puisque «l’école est faite pour apprendre à quitter ses parents» entend-on ! Vertu de l’instruction, nostalgie de l’enfance, effritement des idéaux, le collégien, qui «a trouvé une autre vie que la vie» en se passionnant pour la littérature, recèle en lui tous les attendus de l’adulte.

Dans le second volet, Silence, se jouent les retrouvailles de Franck et Sylvie dans un bar où l’élève se réfugie. Pour lire. Le public assiste au choc de conscience d’une mère sans mots qui redécouvre son enfant. La rencontre a lieu certes («redis-moi que tu es vivant») mais le dialogue fragile, les liens familiaux comme inopérants. Franck reste muet, délivré «du mensonge des adultes qui lui avaient fait croire qu’ils pouvaient être des parents» par les livres.

Dans Le soir, l’intrigue est douloureuse, le drame patent. La maison des parents, étouffante, où tout y est étriqué, abrite le théâtre d’une distension entre deux personnes absentes l’une à l’autre. Les corps s’évitent, tombent, se blessent. Père carriériste, mère à côté de sa vie, s’affrontent entre les mots et les non-dits, la communication ne faisant qu’entériner l’échec. «Franck est enfermé dans le silence», hurle Erick, le père, «les livres n’ont rien à voir avec la réalité, c’est le contraire de la vie». On comprend pourquoi le fils s’y tapit.

DELPHINE MICHELANGELI
Novembre 2013

Photo : Le-Silence-©-Christophe-Raynaud-de-Lage

La Trilogie de Franck s’est jouée au théâtre des Halles, Avignon, les 7 et 8 novembre.

À venir :

du 4 au 22 février

Plateaux de la Friche, Marseille


La Friche
41 rue Jobin
13003 Marseille
04 95 04 95 95
http://www.lafriche.org/


Théâtre des Halles
4 rue Noël Biret
84000 Avignon
04 90 85 52 57
http://www.theatredeshalles.com/