Piers Faccini de retour à La Mesón pour sa 2e carte blanche

Folk storyVu par Zibeline

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Piers Faccini a désormais ses entrées à la Mesón. Après une carte blanche en compagnie de la fratrie Chemirani la saison dernière, le voici de retour le temps de deux soirées dans la salle intimiste de la rue Consolat. Un de ces petits lieux marseillais, entre taverne et cabaret où l’on peut savourer une programmation toujours anticonformiste et audacieuse. Cette fois encore, l’auteur-compositeur-interprète-producteur-plasticien n’est pas venu seul. Qui plus est, avec une nouvelle casquette : celle de créateur du label Beating Drum, « tambour battant » en français. Tel un chasseur de tête dans la galaxie folk, Faccini déniche des artistes qu’il a rassemblés sur la compilation The many are one. La musique en commun, c’est un peu une addiction chez celui qui multiplie les collaborations. À Marseille, le musicien anglo-italo-cévenol a invité deux recrues qui entrent particulièrement en résonnance avec l’histoire et l’âme de la ville-monde. Gnut le Napolitain et Yelli Yelli la Kabyle. Deux personnages au chant sensible et aux mélodies qui puisent dans les traditions musicales de leurs terres respectives. Gnut, Claudio Domestico de son vrai nom, c’est une voix et une guitare, le songwriter par excellence qui parvient à marier folk et chanson napolitaine. Le deuxième joyau de la soirée n’était pas destiné à faire ressurgir un pan de sa mémoire familiale. Quand Yelli Yelli prend conscience de la profondeur du patrimoine musical de son peuple, bien des années après que sa mère le lui fit découvrir, elle se réapproprie ces airs traditionnels devenus des ballades à la charge émotionnelle amplifiée. Un travail de composition et d’interprétation qui relève autant de l’introspection que du devoir de mémoire. À chacun de ses invités, le maître de cérémonie offre un moment partagé. Les voix angéliques de Gnut et Yelli Yelli se frottent comme une caresse à celle, si singulière, de Piers Faccini, mélange de réserve britannique et de ferveur latine. Tandis que le batteur de stature internationale Simone Prattico, à la palette inventive, nourrit de son « beating drum » l’alchimie entre cultures euro-méditerranéennes et empreinte afro-américaine.

THOMAS DALICANTE
Mai 2016

La carte blanche à Piers Faccini a eu lieu les 29 et 30 avril à la Mesón, Marseille

Photo : Piers Faccini -c- Alice Dison

La Mesón
52 rue Consolat
13001 Marseille
04 91 50 11 61
http://lameson.com/