En ouverture de saison à Marseille, le ténor Juan Diego Flórez enflamme l'Opéra municipal.

Flórez : un triomphe !Vu par Zibeline

• 5 octobre 2014 •
En ouverture de saison à Marseille, le ténor Juan Diego Flórez enflamme l'Opéra municipal. - Zibeline

C’était l’événement du début de saison à Marseille : le récital à ne pas manquer ! Tous les aficionados du chant étaient là, l’opéra comble, de l’orchestre aux balcons, pour entendre la star des plateaux lyriques : le ténor Juan Diego Flórez. On n’a pas été déçus ! A la sortie, après un chapelet incroyable de rappels, de bis tout autant périlleux qu’enchanteurs, d’acclamations et de « mercis » lancés à l’artiste pour son extraordinaire générosité, don de soi dans un geste vocal enluminé de contre-ut en myriades, les mirettes brillaient, une même banane figée sur des visages ravis… Quel dimanche de fête l’on a vécu le 5 octobre !

Visiblement le Péruvien apprécie le public marseillais, son enthousiasme, son goût historique des voix, du chant et de la performance hors-normes : ce fut donnant-donnant ! Il était déjà venu enflammer la place Reyer, il y a plus de trois ans, avec un programme stratosphérique d’air rossiniens… Aujourd’hui son centre de voix a légèrement évolué, gagné en chair, mais les aigus sont toujours là, bien solides, encore faciles et son chant est une pure merveille : ligne, phrasé, technique… Flórez mêle un formidable « métier », des qualités innées surnaturelles à une nature artistique exceptionnelle. Après des romances et canzonne italiennes de Rossini et Tosti, accompagnées au piano par Vincenzo Scalera, les différentes parties de son récital se sont articulées autour d’airs en français, pas tous des plus connus, mais dont les « Pourquoi me réveiller » (Werther) ou autre « Ah lève-toi soleil » (Roméo et Juliette) ont déclenché des vivats tonitruants.

Par la suite ce fut du délire : impossible pour lui de quitter la scène ! Public debout applaudissant sans s’interrompre… « Une furtiva lagrima » (L’Élixir d’amour), les neuf contre-ut de « A mes amis quel jour de fête » (La fille du régiment), ou « La donna e mobile » (Rigoletto) ont parachevé un programme marathon d’une vingtaine de pages chantées en kyrielle, témoin d’une endurance rare. Quel triomphe !

JACQUES FRESCHEL
Octobre 2014

Photo : Juan Diego Flórez © Decca – Joseph Gallauer

 

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