Vu par Zibeline

Hugh Coltman au Théâtre de la Colonne à Miramas

Flamboyances jazziques

Hugh Coltman au Théâtre de la Colonne à Miramas - Zibeline

Ombre, douche lumineuse, bruits de pas… un rythme (Raphael Chassin, batterie) s’amorce, rejoint par un piano (Gael Rakotondrabe) qui défie les possibles, puis, guitare (Freddy Koella), soubassophone (Didier Havet), cuivres et bois (Jérôme Etcheberry, trompette, Jerry Edwards, trombone, Frédéric Couderc, clarinette baryton), entrent en lice. Matière mouvante aux brillants éclats, au cœur de laquelle la voix d’Hugh Coltman tisse mélodies et textes. L’esprit de la Nouvelle-Orléans s’immisce dans la trame des compositions, se teinte de groove, de swing, de soul, se livre à des revirements folk, décline l’art du blues avec une inventivité et une jubilation rare. La scène se pare des charmes de la ville des bords du Mississipi, voit s’éclairer des ampoules suspendues comme dans un vieux bar, accordant la douceur dorée de leurs filaments à celle des souvenirs. L’écriture se love entre autobiographie, patrimoine jazzique et universalité des thèmes. Évocation du premier baiser qui rend moins maussade le trajet du travail, des moments d’enfance, de la figure du père qui surgit dans les affaires que l’on trie alors que ce dernier perd peu à peu la mémoire… Hugh Coltman présente avec humour et tendresse les pièces interprétées (la « bulle heureuse » du souvenir de la première fois prend pour titre New Park Street, alors que le lieu réel jouxtait un cimetière !), joue avec le public comme avec ses musiciens, la voix rivalise avec les instruments (qui tiendra son souffle le plus longtemps sur une note tenue ?), les anecdotes fleurissent, une complicité s’instaure, on se laisse porter par les improvisations enlevées des instrumentistes et la fougue du chanteur qui, lorsqu’il s’empare d’une guitare « fait le vide » : « vous avez remarqué comme tous les autres quittent la scène lorsque le chanteur prend un instrument ? » ironise-t-il. La musique est ici vécue en art de la joie, humaine et profonde, jusqu’au cœur de la nostalgie, d’où, sans doute, le titre du nouvel album que présente cet ensemble espiègle et virtuose, Who’s happy ? Le public enthousiaste, debout, sans aucun doute !

MARYVONNE COLOMBANI
Octobre 2019

Concert donné le 17 octobre au Théâtre de la Colonne, Miramas

Photographie : Hugh Coltman © Crista Rock


Théâtre de la Colonne
Avenue Marcel Paul
13140 Miramas
04 90 50 05 26
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