Lucio Castro signe avec Fin de siècle un premier long-métrage mélancolique

Fin de siècleVu par Zibeline

Lucio Castro signe avec Fin de siècle un premier long-métrage mélancolique - Zibeline

Tout est, dans Fin de siècle, affaire de lieu hanté. La Barcelone que son protagoniste explore seul, en silence, a les contours non pas d’une ville inconnue, mais d’une cité explorée autrefois, dont les nouveaux recoins surprennent encore. Ocho, quadragénaire argentin campé par Juan Barberini, s’y perd avec délice, l’observe, indécis, du haut de son balcon. Le Javi de Ramon Pujol incarne une facette plus solaire de ce cosmopolitisme : blond comme les blés, fraîchement débarqué d’Allemagne, il se révèle également plus pragmatique que son nouvel amant. Leur encontre est familière, et tout semble aller de soi jusqu’à ce que le réalisateur redistribue les cartes. C’est alors moins au flashback qu’à la rêverie que le souvenir s’apparente : à peine rajeunis, les deux hommes se rencontrent à nouveau à l’orée d’un XXIème siècle naissant. Ils se seront oubliés depuis ; à moins qu’ils ne se soient jamais quittés ? Les pistes explorées ne se révèlent jamais définitives, et on se prend d’affection pour ces personnages qui demeurent pourtant à une distance certaine. C’est dans ce vertige autour de ce qui aurait pu advenir, de ce temps écoulé et perdu, que Fin de siècle se révèle troublant. Et redoutablement émouvant.

SUZANNE CANESSA
Septembre 2020

Sortie le 23 septembre (1h24)

Photo © Optimale Distribution