Vu par ZibelineFestimôme 2015 à Aubagne, une fête des minots sous le signe de la solidarité

Festif et solidaire

• 22 juillet 2015⇒24 juillet 2015 •
Festimôme 2015 à Aubagne, une fête des minots sous le signe de la solidarité - Zibeline

Trois jours, des dizaines de bénévoles, des dizaines d’artistes, des centaines d’enfants, des milliers de spectateurs. Les chiffres ne sont pas tout, mais ceux-là résument bien la réussite du Festimôme d’Aubagne. Pour sa 14e édition, du 22 au 24 juillet au parc Jean Moulin, le festival a connu une nouvelle fois un grand succès public et une organisation exemplaire.

Et si les chiffres ne sont pas tout, ceux des budgets font beaucoup. Comme tant d’autres, Festimôme aurait pu se trouver dans la charrette de ces festivals annulés faute de moyens. L’an passé, la manifestation n’avait pu voir le jour que grâce à un financement participatif Ulule de dernière minute. Cette année, les subventions publiques encore revues à la baisse, et le recours à Ulule étant impossible, un rouage, déjà essentiel, a été suractivé : la solidarité.

En partage

L’association Art’Euro, qui porte le projet depuis l’origine, peine à boucler sa trésorerie. Pour que le festival ait lieu, tout un réseau solidaire s’est formé. « On a des partenaires, des associations, des gens, qui nous ont prêté de l’argent pour faire en sorte que ça se réalise », explique Teresa Tigrato, directrice de l’association et du Festimôme.

Sur le terrain, cet élan de solidarité s’est traduit par une présence sans faille des bénévoles, véritables piliers de ces trois jours de fête gratuits, dédiés aux enfants et aux familles. Ou encore ces habitants qui hébergent les artistes chez eux. Un sens du partage qui a touché les compagnies invitées.

Ainsi, Les Dudes, troupe québecoise, en tournée européenne depuis trois mois, a fait du rendez-vous aubagnais son coup de cœur. « Ils étaient épatés de cette convivialité, de voir à quel point les gens étaient d’une grande humanité, solidaires. On ne fait pas société sans solidarité, et nous l’avons démontré », relève Teresa Tigrato.

Repartir de zéro

Mais si cette générosité est admirable, elle résulte aussi du désengagement des collectivités. L’association a perdu les 8000 euros de sa subvention de fonctionnement. Elle s’est séparée d’un salarié en CDI, qu’elle ne pouvait plus payer. Et le festival a dû renoncer à 30% de sa programmation. « Après tant d’années de travail, on devrait être assis sur ce que l’on a bâti. Mais on doit tout le temps repartir de zéro, c’est dramatique », poursuit Teresa Tigrato.

Le miracle solidaire ne pourra pas se répéter chaque année. La nouvelle municipalité (à majorité de droite depuis 2014, après avoir eu un maire communiste à sa tête pendant près de 50 ans) a pris conscience de l’importance du festival, et le soutient. Mais il ne survivra que si la mairie et les autres institutions locales lui accordent les moyens nécessaires.

Des pépites au programme

Malgré toutes ces contraintes, l’édition 2015, dont la marraine était l’humoriste Nicole Ferroni, était remplie d’activités et de trouvailles pour les minots de tous les âges. Un Festiminimôme, mis en place par l’Institut Régional du Travail Social et la crèche marseillaise Un air de famille, des Apprentis d’Auteuil, accueillait les tout-petits entre espaces motricité, sensoriel et créativité. Pour les plus grands, ateliers cirque, lecture, jeux ou préparation du grand lâcher de papillons en origami.

Du côté de la programmation, cette année encore, quelques pépites étaient au rendez-vous. Comme Sur le fil, par la compagnie ariégeoise L’Arbassonge. Petit bijou de tendresse et de poésie, ce « grand spectacle minuscule », nous conte, avec son théâtre d’objets miniature, la rencontre d’une funambule de papier et de son amoureux.

Bien plus tonique, Let’s do this, des Dudes, avec acrobaties sur vélo, jonglage avec torches ou couteaux, et beaucoup d’humour, ou Super Showman, de la compagnie belge No Way Back, et son clown super héros, maître de la danse hip hop, fraîchement débarqué de sa planète pour former son jeune successeur terrien.

Un regret, celui de n’avoir pu apprécier Collage, la performance au trampoline des Catalans de BotProject. L’un des acrobates étant malade, la dernière représentation a dû être annulée. Malgré cet aléa, la compagnie a su improviser un mini-spectacle drôle et plein de prouesses.

Et un bémol enfin, Mega Candela, le son et lumières du collectif Arbuste, qui concluait ces trois jours. Le show, fait d’une musique électro un peu trop linéaire, et manquant de variations visuelles, s’est dissipé dans la nuit du parc aubagnais, sans vraiment atteindre le public. Qu’importe. L’ambiance conviviale, elle, était bel et bien présente. Rendez-vous en 2016, on l’espère !

JAN-CYRIL SALEMI
Juillet 2015

Festimôme a eu lieu du 22 au 24 juillet au parc Jean Moulin à Aubagne

Photo : Papillons en origami – Festimôme 2015 © Jan-Cyril Salemi