Le Sextuor Ophélie Gaillard a triomphé au GTP

Féminine poésie romantiqueVu par Zibeline

Le Sextuor Ophélie Gaillard a triomphé au GTP  - Zibeline


Le milieu musical est si peu paritaire que des formations de chambre exclusivement féminines naissent ! Là du moins, mieux que dans l’orchestre, et 1000 fois plus souvent que dans les musiques actuelles ou du monde, les femmes démontrent qu’elles peuvent jouer d’un instrument ! Avec la même virtuosité, précision et force que ces messieurs…

Le Sextuor Ophélie Gaillard offrait aux spectateurs du GTP, le 6 février, une soirée exceptionnelle avec deux œuvres romantiques de musique de chambre : en première partie, le sextuor à cordes n°1 en si bémol majeur op.8 de Brahms, baptisé aussi le Sextuor de Printemps, avec ses chromatismes qui sous-tendent l’œuvre d’une sourde tension. On pouvait admirer la fougue des interprètes avec un premier mouvement ample, chantant, puis la variété des sources d’inspiration, populaires du deuxième mouvement, lumineux, aux variations passionnées, la brillante vigueur du scherzo, la partition délicate pour violoncelle du dernier mouvement. Rêverie, douceur, portées par un ensemble équilibré, souverain : le Sextuor Ophélie Gaillard composé de grandes solistes nous fait découvrir avec son jeu précis, inspiré, les subtilités des partitions abordées. Le jeu est à la fois délicat et puissant, les cordes acquièrent une épaisseur, un moelleux jusque dans les aigus les plus fragiles. Les pizzicati savent constituer une nappe vibrante et rythmée sur laquelle les mélodies éclosent avec grâce. Plus merveilleuse encore la deuxième partie présentant le Souvenir de Florence de Tchaïkovski : attaques superbes, belle circulation  des thèmes, interprétation puissante, ampleur du jeu, des gestes. Chaque interprète raconte, dialogue avec les autres, s’emporte, ce sont les atermoiements d’une âme complexe et passionnée que l’on entend, la jonction entre les brumes de la Russie et la douceur florentine. Le sextuor sonne comme un orchestre ! On s’amuse à reconnaître des traits qui font penser au Lac des Cygnes composé la même année (1890). L’ensemble est ovationné !

Maryvonne Colombani

Février 2013

Grand Théâtre de Provence
380 Avenue Max Juvénal
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net