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Vu par Zibeline

600 enfants chantant dans l'immense théâtre antique d'Orange pour l'ouverture des Chorégies, ça déménage

Faites entrer les enfants

600 enfants chantant dans l'immense théâtre antique d'Orange pour l'ouverture des Chorégies, ça déménage - Zibeline

Les Chorégies d’Orange ont une très longue histoire, faite de gloire et de difficultés. Ce Festival lyrique majeur se tient dans une ville où le député maire Jacques Bompard règne en maître, élu et réélu alors que ses déclarations homophobes, anti-avortement et anti-migrants font paraître bien pâles les positions du Front National. L’art lyrique est il un moyen d’y résister ? Lorsqu’on rejoint le théâtre antique en passant par un centre-ville sans vie, aux commerces fermés et aux passants rares et pressés, on peut se demander s’il est vraiment un rempart contre le repli et la frilosité… Mais ce soir-là le projet pédagogique Pop the opera ne laissait aucun doute : ces enfants rassemblés chantant ensemble, leurs parents agitant la lumière de leur portable en guise de petite flamme, l’enthousiasme et le plaisir de chacun, cette expérience esthétique laissera forcément des traces : celle d’un partage, d’un effort commun, et de la joie… La meilleure arme ?

L’orchestre d’Avignon et les chœurs de l’Opéra de Monte Carlo soutenaient les collégiens qui passaient de Carmen à des medleys en tout genre, jazz, pop, rock, dans des arrangement malins (Jean-Marie Leau et Victor Jacob), pour plusieurs voix parfois, mêlant véritablement les mélodies et les ponctuant d’effets rythmiques. Les chœurs issus de 23 établissements de la région, pour l’essentiel vauclusiens mais jusqu’à Nice ou Briançon, étaient remarquablement en place, justes à chaque instant, même dans les passages difficiles, suivant le chef Didier Benetti relayé par deux chefs de chœur débordant d’enthousiasme !

Que demander de plus ? Peut-être que, dans ce répertoire qui mêlait habilement la culture des jeunes et celles de leurs professeurs, parmi cette variété anglophone revisitée, (et la farandole de Mireille en provençal, quelques airs d’opéra en italien et en français) il y ait aussi une place pour des chants plus orientaux : à Orange, cela aurait eu de la gueule ! Car le constat était sans appel : si la culture musicale des jeunes est aujourd’hui « envahie », c’est bien par l’Amérique…

AGNÈS FRESCHEL
Juillet 2017

Pop the opera s’est donné le 22 juin dans le Théâtre antique en ouverture des Chorégies d’Orange

Photographie : Pop the Opera © Philippe Gromelle Orange