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Vu par Zibeline

Casablanca not the movie, exposition du photographe marocain Yoriyas, à Montpellier du 12 au 28 octobre

Expo 4 étoiles

• 12 octobre 2018⇒28 octobre 2018, 12 octobre 2018⇒28 octobre 2018 •
Casablanca not the movie, exposition du photographe marocain Yoriyas, à Montpellier du 12 au 28 octobre - Zibeline

Une minute de bruit. « Parce que Rachid n’aurait pas aimé qu’on fasse le silence, surtout pas. » Rachid Taha est mort le 12 septembre, jour de l’ouverture d’Arabesques. Et Habib Dechraoui, le directeur du festival montpelliérain, rend hommage à son ami, passeur de musique, inventeur de ponts entre les cultures et les sons, en diffusant Douce France, tube de 1986 du musicien né en Algérie, Français, éminente figure de cette diaspora que justement la manifestation célèbre cette année. Alors à la fin, on applaudit, on crie ; c’est simple et fort, on sent un véritable rassemblement autour de cette voix qui s’est tue prématurément.

Nous sommes dans les salons cossus de l’hôtel Mercure, où est inaugurée l’exposition du photographe marocain Yoriyas. Yassine Alaoui (son premier nom) a commencé sa vie d’artiste sur les trottoirs, sur les podiums, avec sa troupe de danse hip hop Lhiba Kingzoo, au sommet des compétitions de breakdance dans le monde entier. Il a commencé à faire des photos « pour ne pas se perdre ». Des repères visuels au gré des tournées et des concours. Et rapidement, l’appareil photographique est devenu le prolongement de sa main. Il a cadré, attrapé des images partout où il allait, aux aguets d’un mouvement, d’une séquence qui lui semblaient chorégraphiques.

Au fil des rencontres, la question de l’origine revenant sans cesse, la réponse fusant, « Je suis de Casablanca », la réaction quasi unanime « like in the movie ! », Yoriyas a voulu montrer sa ville comme lui la connaît. De ce postulat un peu simple, il a conçu une série qui l’a hissé au rang des plus talentueux photographes de sa génération. Arabesques en présente une vingtaine, dont certaines sont des condensés de composition, où les jeux d’échelles révèlent une magnifique tension poétique, où les corps se répondent comme dans une danse, où les couleurs s’opposent dans des contrastes qui éclatent le cadre. On pourrait penser que certaines sont mises en scène. Yoriyas répond que non : il attend que quelque chose se déclenche. Ses photographies palpitent de sens et de chair.

ANNA ZISMAN
Septembre 2018

Dans le cadre du festival Arabesques

Casablanca not the movie
12 au 28 octobre
Hôtel Mercure Montpellier Comédie Centre

Photo : © Yoriyas

Lire ici notre hommage à Rachid Taha.