Vu par Zibeline

Les princesse des contes font leur cirque

Être princesse, quel cirque !

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Les princesse des contes font leur cirque - Zibeline

Vous croyez entrer dans une salle de théâtre, et voilà l’espace totalement modifié, voilages bleus et structure aérienne, gradins de bois disposés en cercle, le cirque fuyant les extérieurs a trouvé un toit ! Chaleur accueillante, même un peu trop pour certains, le malaise vagal d’un spectateur interrompra le spectacle qui reprendra en douceur, laissant percevoir le caractère ténu des frontières entre l’art et le réel. On avait pourtant pénétré dans un univers sucré entre barbe à papa bleue, petite liqueur d’ambre et escarpolette romantique où se balançaient deux amoureux de Peynet. Douceur sirupeuse dans laquelle on ne s’endormira pas ! Un accord de guitare basse scelle avec l’ombre le début de l’enchaînement déjanté de vignettes et de courtes saynètes où les contes sont détournés avec jubilation. Ici une Belle au Bois Dormant attend le bisou qui va la réveiller, là, la Princesse au Petit Pois devient fakir et s’étire en somnambule sur un lit recouvert d’une forêt de pointes acérées sur lesquelles se plantent les pommes jetées du sommet du chapiteau par une Blanche-Neige que le fruit n’a guère endormie et qu’elle a croqué avec ravissement avec son Prince en acrobaties équilibristes sur un trapèze à grand ballant… Une princesse s’égare dans les gradins, appuis légers et fermes sur les spectateurs, équilibres improbables sur les rebords des marches, puis une Petite Sirène ondule dans son numéro de cerceau. Les princesses se laissent aller à des conversations chuchotées que transmet une bande magnétique qui s’enroule autour de verres à pieds. Se murmurent des confidences, rappelant tous les non-dits, de la ménopause aux tristesses de celle qui fut autrefois une princesse…

Prouesses physiques, portés, élans, acrobaties, risque, évolutions étonnantes, vertiges, s’orchestrent en un rythme souple qui enchaîne vignettes visuelles et sonores, avec une partition où le chant s’épanouit en polyphonies délicieuses, jouant sur les mots et les harmonies. Les lapins « Playboy » (sic) soulignent la volonté de décalage où drôlerie et cruauté parfois se jouent des codes. Malicieux et jubilatoire à souhait !

MARYVONNE COLOMBANI
Décembre 2018

Le spectacle Les Princesses a été donné les 7 et 8 décembre au Théâtre Durance, Château-Arnoux

Photo : Les Princesses © Laurent Alvarez


Théâtre Durance
Avenue des Lauzières
04160 Château-Arnoux-Saint-Auban
04 92 64 27 34
http://www.theatredurance.fr/