Photographie : les illusions d'Emmanuelle Bousquet

Être femme

Photographie : les illusions d'Emmanuelle Bousquet - Zibeline

Parfois, cela commence très simplement. Un petit appareil Kodak rouge offert par sa grand-mère. Puis on se tourne naturellement vers ses proches pour faire ses premiers clichés. Dès l’âge de ses dix ans Emmanuelle Bousquet s’est confrontée au genre du portrait pour en venir naturellement à elle-même. Illusion (au singulier) constitue une nouvelle étape dans son expérimentation de l’autoportrait. Dans un face à face avec l’appareil photo (considéré comme masculin sur son trépied), l’auteur se situe sa démarche sans ambigüité : « Je passe par l’autobiographie pour parler de la Femme. Un être sensible, complexe et profond qui a l’illusion, la sensation déformée, d’avoir libéré sa féminité dans un monde où l’apparence est reine ». Et dans la continuité de son précédent ouvrage Troubles, (son travail sur l’approfondissement de l’autoportrait est redevable à ses échanges avec Antoine d’Agata reconnaît-elle volontiers) ses images travaillent toujours avec le fugace et l’évanescent visant des formes de dépassement existentiel. Sur fond noir la trentaine de photographies en couleur s’infléchissent vers une introspection plus théâtrale sexy/chic/mode (ses premières influences) jouant davantage sur les mises en scènes et les artifices (décor, objets, vêtements et accessoires) presque l’ornement. Les postures sont parfois plus apprêtées, les images plus esthétisantes jetant plus encore du trouble et de la confusion dès qu’il s’agit de féminité, et de volupté. Emmanuelle Bousquet joue avec la princesse, la fée, la sorcière ou l’ingénue?

CLAUDE LORIN

Septembre 2012

 

Illusion

Emmanuelle Bousquet

Texte Isabelle Darrigand, Emmanuelle Bousquet

Images en Manœuvres Editions, 35 €