Pluie d'étoiles à Monaco avec la magie renouvelée du Casse-noisette Compagnie de Jean-Christophe Maillot.

Étoiles marrainesVu par Zibeline

Pluie d'étoiles à Monaco avec la magie renouvelée du Casse-noisette Compagnie de Jean-Christophe Maillot. - Zibeline

Le 30 décembre fêtait les trente ans des Ballets de Monte Carlo, la fin d’année voyait aussi la reprise du conte de Casse-noisette qui avait déjà enchanté le public en 2013. Le chorégraphe et directeur des Ballets, Jean-Christophe Maillot, secondé par Jean Rouaud, réécrit l’œuvre de Tchaïkovski ainsi que sa propre composition, resserrant l’intrigue, articulant avec encore plus de pertinence les différents mouvements de cette histoire qui, à l’instar des poupées gigognes russes, les matriochkas, contient enchâssées les autres récits. Casse-noisette Compagnie commence dans un cirque, rappel des débuts de J.-C. Maillot avec son chapiteau de cirque, hommage à la Principauté et son engouement pour cet art… avec une référence non dissimulée à S.A.R. la princesse de Hanovre dans le personnage de la fée Drosselmeyer qui exauce les rêves le plus intimes de la petite Clara (délicate et ingénue Anjara Ballesteros). Tout commence dans un cirque. La maquette offerte à Clara lui offre le rêve d’être née non dans une famille circassienne, mais de danseurs. Ses parents deviennent alors maîtres de ballet. On voit les danseurs s’échauffer, esquisser quelques figures ; les rivalités sont nombreuses, les coups bas entre danseurs s’additionnent : qui sera étoile ? Un ballet classique se met en place, évocation de Balanchine, avec les jeunes danseurs de l’Académie Princesse Grace. La fée Drosselmeyer –Marianna Barabás, qui reprend avec beaucoup de finesse le rôle superbement créé par Bernice Coppieters– remplace alors l’oncle du conte initial d’Hoffman, et apporte un cadeau extraordinaire, un nouveau chorégraphe (magnifique Stephan Bourgond). Ce dernier tente de faire accepter une gestuelle contemporaine qui divise le corps de ballet, tenants de l’ancienne forme et adeptes de la modernité. La fée, avec la complicité de ses «anges gardiens» (merveilleux George et Alexis Oliviera) concilie les antagonistes. Son carrosse enchanté transporte les thèmes mythiques de la danse, Cendrillon, La Belle, Le Songe, Roméo et Juliette… Clara rêve d’être une étoile… la transformation s’effectue. Et c’est une véritable étoile qui prend le relais, Olga Smirinova aux côtés d’Artem Ovcharenko, tous deux solistes du Ballet du Théâtre du Bolchoï. Inoubliable pas de deux de Roméo et Juliette, porté par les deux danseurs. Magie onirique… soutenue par l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo, dirigé par Nicolas Brochot sur les musiques de Tchaïkovski et les compositions de Bertrand Maillot. Le public de la salle des Princes est debout, confettis, serpentins, feu d’artifice qui fête la danse, et le monde du spectacle. Une écriture du bonheur.

MARYVONNE COLOMBANI

Casse-Noisette Compagnie a été donné au Forum Grimaldi, à Monte Carlo, du 29 décembre au 4 janvier

©-Alice-Blangero.

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