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Vu par Zibeline

Disparition d’Emio Greco et Peter C. Scholten à la Criée

État de grâce

• 22 mars 2019⇒23 mars 2019 •
Disparition d’Emio Greco et Peter C. Scholten à la Criée - Zibeline

La dernière création d’Emio Greco et Peter C. Scholten est un diptyque. Le premier volet, Apparition, avait mis en scène les enfants chantants de la Maîtrise des Bouches-du-Rhône, sur des arrangements du compositeur Franck Krawczyk à partir des Kindertotenlieder de Mahler. Le monde de l’enfance et de ses terreurs en était le sujet. Le deuxième volet, Disparition, a été créé au Luxembourg le 15 février. Treize danseurs impressionnants sont en scène avec énergie, fluidité, et le plaisir évident de danser sur les rythmes différents de la chorégraphie qui leur permettent de déployer tout leur talent et leur sensibilité. Le public qui leur a fait un triomphe ne s’y est pas trompé. Tout commence dans le noir avec deux faisceaux de lumière qui tombent des cintres sur deux danseurs. Au-dessus, un fin rectangle de néon blanc qui changera par la suite en bleu, puis rouge, et qui peut disparaître complètement ou descendre très bas jusqu’à former une sorte d’enclos dans lequel les danseurs se jetteront. Au fond, juste un moment, des silhouettes sombres se dessinent dans un ciel d’apocalypse. Les autres danseurs surgissent ; s’ensuivent des déplacements ondulatoires de tout le torse et des traversées du plateau à grandes enjambées. Les costumes -pratiquement invisibles– de Clifford Portier ne laissent rien ignorer de l’anatomie parfaite de ces corps faits pour le dialogue et l’harmonie, même s’ils porteront une tunique verte ou blanche durant une partie du spectacle. Quant à la bande-son, elle offre un montage de musiques de Bowie, Björk, mêlées de sons électroacoustiques désagréables ponctués du cri des danseurs qui relance le mouvement, et du souffle qui redynamise l’énergie. Des voix d’enfants créent le lien avec la première partie du diptyque, mais le texte murmuré en anglais n’est pas compréhensible par tous. Les lumières de Floriaan Ganzevoort et les vidéos de Ruben Van Leer donnent une dimension onirique à la pièce qui, plus qu’une disparition, évoque une renaissance ou du moins un départ vers un ailleurs. La dernière image, un espace immaculé dans une lumière éblouissante, ne suggère-t-elle pas celle d’un nouveau monde à construire ?

CHRIS BOURGUE
Avril 2019

Disparition s’est donné à la Criée, Marseille, les 22 & 23 mars

Photo: c Alwin Poiana


La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
http://www.theatre-lacriee.com/