Antigona interprété avec fougue par les comédiens de la compagnie La Naïve

Et ainsi tout commençA…Vu par Zibeline

• 7 novembre 2014 •
Antigona interprété avec fougue par les comédiens de la compagnie La Naïve - Zibeline

«Je ne suis pas née pour haïr mais pour aimer», affirmait Antigone dans la pièce de Sophocle. Ce n’est pas à cette réplique célèbre que s’est arrêté Jean-Charles Raymond, qui a traduit et adapté le texte du dramaturge grec, mais à la réponse de Créon : «Moi vivant ce n’est pas une femme qui fera la loi», rattachant la révolte de l’héroïne thébaine aux luttes d’aujourd’hui. Nous avons ainsi un Créon qui refuse de parler à une femme sans voile. La révolte n’est plus celle qui mettait en avant les valeurs de la piété filiale, mais d’une manière plus générale les droits de tout individu face au despotisme, celui de disposer de son corps, de sa sexualité, d’enfreindre des lois sans fondement, de décider de sa propre liberté, avec les échos de la place Tahir, les mots de Federico Garcia Lorca, et une esthétique à la Almodovar, pour évoquer le coryphée du chœur antique. Une arène ronde, des acteurs assis en bord de scène qui deviennent personnages en pénétrant dans l’espace circulaire de l’orchestra, une petite table et une chaise pour Tirésias en robe rouge et strass… L’Espagne est là, dans ces dialogues violents, duels tauromachiques où la légende tissée au présent dessine l’exigence de l’absolu, de la révolte, présente jusque dans la finale attribuée au prénom de la jeune femme, Antigona, un a sonore, ouvert, comme un cri jeté à la face du monde. La fougue des comédiens de la Cie La Naïve conquiert le public, dont celui -difficile- des collégiens.

MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2014

Antigona a été joué le 7 novembre à l’Espace NoVa, Velaux

Photo : c X-D.R

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