La Vie Parisienne d'Offenbach, un Opéra-bouffe à succès sur la Canebière, jusqu'au 7 janvier

Esprit de fête !

• 29 décembre 2015, 31 décembre 2015, 3 janvier 2016, 5 janvier 2016, 7 janvier 2016 •
La Vie Parisienne d'Offenbach, un Opéra-bouffe à succès sur la Canebière, jusqu'au 7 janvier - Zibeline

La Vie parisienne fait le plein à l’Opéra de Marseille pour sa première représentation le 29 décembre. C’est que l’affiche est frappante, du point de vue du symbole, en cette fin d’année marquée par les tragiques attentats parisiens qui ont précisément visé cet esprit de fête en musique, de jeunesse et de liberté qui animent la capitale depuis Offenbach.

En 1866, Paris est le centre du monde, «axis mundi» autour duquel on tourne. Brésiliens ou Suédois accordent leur montre à son heure. C’est sans doute la raison pour laquelle Nadine Duffaut imagine un plateau tout en circonvolutions, en rotation autour d’un axe vertical et central, une mise en scène réglée avec une précision d’horlogère où, justement, les cadrans sont omniprésents et mesurent un temps, certes unitaire, mais haletant et éphémère… « Tout tourne, tout danse » chante-t-on au final du 3ème acte !

Transposer cet Opéra-bouffe sur la scène d’un grand opéra comme celui de Marseille, n’est pas chose aisée : La Vie Parisienne s’accommode fort bien de scènes de dimensions plus modestes et d’une distribution de comédiens-chanteurs (les dialogues parlés y sont conséquents).

Cette coproduction d’opéras (Marseille, Avignon, Reims, Toulon, Saint-Étienne, Toulouse) qui connaît de beaux succès partout, y parvient avec fortune : les mouvements bien réglés des artistes, des chœurs et solistes, danseurs et figurants, générés par la mise en scène inventive, donnent de l’ampleur à l’opus. D’autant que sur la Canebière, le plateau est de haute volée : on entend donc une version très lyrique de l’œuvre. La plupart des voix, emmenées par Marie-Ange Todorovich en altière et luxueuse cocotte (Métella), passent bien la fosse où Dominique Trottein conduit l’orchestre d’airs en couplets, galop et rondeaux rythmant une comédie aux dialogues cocasses, intemporels, mais dont la drôlerie ne masque pas une certaine amertume. Et, cerise sur un gâteau bien garni, le Cancan final ajouté (chorégraphie Julien Lestel) magnifie la représentation, grâce en particulier à deux danseurs « circassiens » absolument… élastiques ! Ouille !!

JACQUES FRESCHEL

Décembre 2015

La Vie Parisienne est représentée à l’Opéra de Marseille jusqu’au 7 janvier.

http://opera.marseille.fr

Photo :  La Vie Parisienne © Christian Dresse

 

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