Journal Zibeline - bannière pub Journal Zibeline - bannière pub
Vu par Zibeline

Fanny Soriano met en scène un univers organique pour Fractales, jouée par la compagnie Libertivore

Envoûtantes fractales

Vérifier les jours off sur la période
Fanny Soriano met en scène un univers organique pour Fractales, jouée par la compagnie Libertivore - Zibeline

À la tête de la compagnie Libertivore, Fanny Soriano a ce don pour agencer des univers organiques, mettant en prise les corps de ses interprètes avec des éléments naturels, dont ils font partie ou cherchent à s’émanciper. Dans Phasmes déjà, sa précédente création, la scène inaugurale marquait les esprits : un duo de main à main y donnait vie à une créature inédite, insecte rampant autant que chimère dressée, inquiétante et poétique métamorphose née de deux corps enchevêtrés. L’artiste affirme et décline ce vocabulaire avec Fractales, dernier volet d’un triptyque sur l’homme et la nature. Les cinq interprètes -binômes de porteur et voltigeur, acrobate au sol ou perché dans les airs- donnent à voir une vibrante et tournoyante séquence d’ouverture, où les énergies vibrent à l’unisson d’une scénographie évolutive, leurs pas sillonnant progressivement terre et lentilles qui inondent le plateau. L’alchimie fonctionne à merveille dans ce corps collectif, et les scènes chorales sont les plus réussies. Le mouvement se fait alors fluide, perpétuel, à l’unisson du décor mouvant, qui agit tel un personnage à part entière : c’est de lui que naissent les envolées, ascensions ou empêchements soudains, mais aussi de réelles surprises, émanant de draps qui se déploient, cordes qui tombent du ciel ou majestueuse et funeste branche de bois trônant au-dessus de la scène. À la fois partie du tout ou agissant, l’être humain se fait tantôt balloter, tantôt résiste, meurt puis renaît. Chaque spectateur, en fonction de son parcours, sera transporté par ce qu’il lit au plateau : l’arrivée du chaos comme la douceur de l’aléatoire, la nécessaire résilience, l’acceptation de la transformation. Un peu sonnés et très émus, on ressort du spectacle avec l’impression d’y avoir partagé un vrai cycle de vie, bercés en toile de fond par l’image de la fractale, figure générant le continuum. Un des grands moments de cette BIAC 2019.

JULIE BORDENAVE
Janvier 2019

Fractales se jouait les 22 et 23 janvier au théâtre du Merlan, à Marseille, le 26 janvier au théâtre La Passerelle, à Gap, du 29 au 31 janvier au théâtre Anthéa, à Antibes

Photo : Fractales, Cie Libertivore -c- Ph. Lebruman


Théâtre La Passerelle
137 boulevard Georges Pompidou
05000 Gap
04 92 52 52 52
http://www.theatre-la-passerelle.eu/


Théâtre le Merlan
Scène Nationale
Avenue Raimu
13014 Marseille
04 91 11 19 30
http://www.merlan.org/