Anoushka Shankar et l’Orchestre national de Lyon au Grand Théâtre de Provence

Entre minimalisme et luxurianceVu par Zibeline

Anoushka Shankar et l’Orchestre national de Lyon au Grand Théâtre de Provence - Zibeline

Évènement au Grand Théâtre de Provence que la venue d’Anoushka Shankar, accompagnée du bel Orchestre national de Lyon dirigé avec enthousiasme par Miguel Harth-Bedoya ! Le programme donnait un aperçu de la puissance et de la variété de l’œuvre de Ravi Shankar, père d’icelle. Comme entrée en matière, pas de souvenir du Salon de Musique de Satyajit Ray, mais une composition qui réunit le jeune Philip Glass et Ravi Shankar, Offering (offrande). La magie tournoyante des cordes se mêle à la mélodie râga des saxophones. Les modes et les mélodies se nouent, les échelles de l’Inde et de l’Occident se fondent sans oublier jamais leurs particularités. Il n’est plus de musique savante ou traditionnelle, mais une palette moirée d’onirisme, amples vagues où éclosent de subtils éclats. Le brillant de l’œuvre de Michael Torke, Ash, flamboie et transporte l’orchestre, créant avec le minimalisme, dont Philip Glass est l’un des fondateurs, de vibrants échos. La joueuse de sitar entrait enfin en scène pour le Concerto pour sitar et orchestre n°2 « Râga Mâlâ » de Ravi Shankar. Les quatre mouvements de cette œuvre foisonnante offrent la possibilité à l’orchestre et à la soliste d’aborder tous les registres, en une écriture imagée où se croisent les continents. Les rythmes dialoguent, les variations se répondent en élans sans cesse renouvelés. Les frontières s’effacent, on franchit les mers et les grammaires trouvent de nouvelles géographies. On entend ici une danse où se marquent les pas, là passe une fanfare, et voici un groupe de percussions plein d’allant… la luxuriance de la composition pourrait faire songer à celles des romans de Garcia Marquez, renvoyant aux terres d’origine du chef d’orchestre qui lie les mondes avec une fine pertinence. Impossible de laisser partir Anoushka Shankar sans qu’elle ait généreusement accordé des bis où, soliste, elle propose quelques-unes de ses propres compositions. Magie délicate.

MARYVONNE COLOMBANI
Janvier 2020

Concert donné le 31 janvier, Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence

Photographie : Anoushka Shankar © Anushka Menon

Grand Théâtre de Provence
380 Avenue Max Juvénal
13100 Aix-en-Provence
08 2013 2013
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