Vu par ZibelineGrand succès public pour Festimôme 2014 à Aubagne, malgré les difficultés financières des organisateurs

Entre fête et lutte

• 30 juillet 2014⇒1 août 2014 •
Grand succès public pour Festimôme 2014 à Aubagne, malgré les difficultés financières des organisateurs - Zibeline

Au parc Jean Moulin d’Aubagne, les enfants des centres aérés ou ceux venus en famille se pressent à l’entrée de Festimôme. Les bénévoles du festival se démènent pour accueillir tous ces minots et ceux qui les accompagnent. Sur une table, une petite caisse est posée. « Merci pour votre geste », peut-on lire à côté de la boîte. Pour sa treizième édition, le festival européen jeune public n’est plus complètement gratuit. Il n’est pas non plus payant, l’entrée n’est ni à prix libre ni à prix fixe. Simplement, le « geste » de ceux qui le peuvent, est apprécié. Du 30 juillet au 1er août, l’appel aux bonnes volontés a rapporté plusieurs centaines d’euros par jour. De quoi redonner espoir aux membres de l’association Art’Euro, organisatrice de l’événement. Même s’ils savent que leur avenir est fragile, dans une ville qui a changé sa généreuse politique culturelle depuis les dernières élections municipales. 

Car cette édition 2014 a bien failli ne pas voir le jour. La baisse considérable des subventions publiques, municipales et autres, a longtemps laissé peser la perspective d’une annulation pure et simple. Pour faire face à ces restrictions budgétaires, une souscription sur internet a été ouverte, via le site de financement participatif Ulule. Lancée à peine un mois et demi avant le début du festival, elle a ramené plus de 5000 euros qui ont permis à Festimôme de se dérouler dans des conditions acceptables, à Aubagne seulement et plus à Auriol. Un pis aller qui ne pourra se  renouveler :  sans un engagement concret des collectivités, la tenue du festival aubagnais restera menacée.

Le public présent au rendez-vous

Il suffit pourtant d’arpenter les pelouses du parc pour constater le succès populaire de la manifestation. De part et d’autre du jardin, les minots profitent de ces trois jours qui leur sont dédiés et naviguent entre ateliers, jeux et spectacles. Le Festimôme ne se limite pas au divertissement, il vise à donner le goût de l’activité artistique aux plus jeunes. « Ce qui nous importe, c’est que les enfants aient accès à une programmation de qualité », explique Teresa Tigrato, la directrice du festival. Les chiffres de la fréquentation confirment la réussite du projet, avec « une moyenne de 300 spectateurs par représentation ».

La quinzaine de spectacles à l’affiche réservait quelques pépites. Les Deux du Stade, par la compagnie nîmoise BICEPSuelle, rassemble un duo de clowns acrobates qui rivalisent de prouesses et de petites allusions transgressives. Derrière les épreuves sportives délirantes, le plongeon dans une bassine ou l’apnée en plein air, les deux artistes abordent en douceur des thèmes comme l’homosexualité ou le dopage.

Le Polichineur de tiroirs, par la compagnie belge Chemins de Terre, est un spectacle minuscule mais  chargé de sens. Un professeur de philosophie tient une conférence où la réflexion se niche dans l’animation subtile de petits objets. Ce gant de vaisselle, transformé en soleil, est mis en péril par une épingle. Ou ce poivron, devenu glouton, dévore toute la forêt d’Amazonie. « La vie est belle », ne cesse de répéter le philosophe. Pour qu’elle le reste, les enfants devront prendre soin du monde, que nous leur laissons pourtant dans un piètre état. Au-delà des rires et des sourires, le message passe. « C’est pour vivre ce genre de moments que nous organisons Festimôme », relève Teresa Tigrato.
Comme pour toute chose fragile, il serait regrettable de prendre conscience que le festival était précieux une fois qu’il aurait disparu… 

JAN CYRIL SALEMI 
Août 2014

Festimôme s’est déroulé au parc Jean Moulin à Aubagne les 30, 31 juillet et 1er août

Photo : Les Deux du Stade – Compagnie BICEPSuelle © Jan Cyril Salemi