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L'histoire de Camille et Manolo et leur Théâtre du Centaure racontée sur scène au Gymnase

En selle pour rêver !

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L'histoire de Camille et Manolo et leur Théâtre du Centaure racontée sur scène au Gymnase - Zibeline

On le sait, la jeunesse la plus intense est celle du cœur, celle que garde l’adulte au fond de lui, avec ses désirs et ses rêves. C’est celle-ci qu’incarnent Camille et Manolo, les deux fondateurs du Théâtre du Centaure. À Marseille depuis 1995, ils sont depuis 2016 installés dans le quartier de la Jarre, entre mer et colline, sous un magnifique chapiteau construit par des charpentiers indonésiens. Enfants, ils étaient déjà attirés l’une par le théâtre, l’autre par les chevaux. Leur rencontre a permis l’élaboration d’un projet basé sur un rêve : faire exister le Centaure, cette créature mi-homme, mi-cheval, une utopie qu’ils n’ont eu de cesse de faire vivre et d’incarner. Le poète et dramaturge Fabrice Melquiot, ami de longue date, a eu envie d’écrire leur histoire. Directeur du Théâtre Am Stram Gram de Genève et passionné par le domaine de l’enfance, il a proposé à Camille et Manolo de mettre en scène un texte mettant en lumière leur démarche. Un peu déconcertés de prime abord, il leur a fallu ensuite dissocier la partie humaine et la partie animale qu’ils avaient l’habitude de toujours confondre. Le résultat présenté pour la première fois à Marseille sur la scène à l’italienne du Théâtre du Gymnase est surprenant. Des photos et des vidéos montrant des moments de l’enfance et des paysages parcourus commencent le spectacle. Puis les deux splendides chevaux, plus noirs que la nuit, arrivent et le rêve s’incarne : Camille et Gaïa (le frison), Manolo et Indra (pure race espagnol) occupent la scène, accompagnés par la création sonore de Nicolas Lespagnol-Rizzi et les costumes de Clarisse Guichard. Surgissent alors des images splendides de ce couple, crinières et cheveux au vent, à la parfaite maîtrise de l’espace et de ses limites. Un peu d’humour et beaucoup de tendresse, du respect pour le travail admirable des animaux (on a du mal d’ailleurs à les dénommer ainsi). Si l’on a quelques réserves sur le choix des voix off et sur le parti pris du noir absolu, on apprécie l’atmosphère de ce qui s’apparente à un conte, sensible au parcours de ces deux artistes qui restent au fond de grands enfants rêveurs.

CHRIS BOURGUE
Novembre 2018

Centaures, quand nous étions enfants s’est donné au Gymnase, Marseille, du 31 octobre au 3 novembre

Photo : Le Centaure © Jeanne Roualet


Théâtre du Gymnase
4 rue du Théâtre Français
13001 Marseille
08 2013 2013
http://www.lestheatres.net/