La soirée d'ouverture du Festival Radio France Montpellier fait le plein et enchante !

Embarquement immédiat !

• 11 juillet 2016⇒26 juillet 2016 •
La soirée d'ouverture du Festival Radio France Montpellier fait le plein et enchante ! - Zibeline

Jeune artiste au calme souverain, Beatrice Rana entre en scène, s’installe au clavier du grand piano de concert… Elle a juste vingt-trois ans et est invitée à jouer en prélude au Festival Radio France Montpellier – Région Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées tout récemment rebaptisée « Occitanie ». L’Italienne s’attaque à un monument de l’histoire de la musique : les Variations Goldberg. Elle doit les enregistrer sous peu chez Warner Classics et c’est la première fois qu’elle les joue en public !
La célèbre Aria est d’une suavité infinie… et les trente variations et canons s’enchaînent bientôt, en liberté, au gré d’une puissance martelée, jamais dure, une virtuosité vertigineuse dans les fameux croisements de mains (l’opus est écrit à l’origine pour deux claviers), noblesse royale, piano orchestral dessinant clairement son contrepoint… Et lorsqu’après un clin d’œil de Bach en forme de « Quolibet », la ritournelle initiale se fait de nouveau entendre, on est suspendu à ses doigts, attendant que le silence reprenne ses droits et que les applaudissements crépitent !
Ellipse… On retrouve la grande salle de l’Opéra Berlioz, bondée jusqu’aux loges perchées ! L’Orchestre National Montpellier Languedoc-Roussillon distille des pastels raveliens et Karine Deshayes entonne « Asie »… On embarque alors, avec la grande mezzo soprano, dans cet « Orient », fantasque et fantasmé, aux sons, mots ou coups de pinceaux d’une foule d’artistes depuis des siècles en occident. Lambert Wilson, de sa diction claire et noble, voix voluptueuse, joue à Sinbad, marin conteur d’histoires de désirs, d’attente du jour… au rythme de Mille et une nuits. De vague en vague, toujours plus grosse, du violon solitaire et sensuel de Dorota Anderzewska, d’un solo de basson, jeux de flûtes en miroir, valses et fanfares polyphoniques de marchés persans (étonnant Aladin de Carl Nielsen que Michael Schønwandt a apporté dans ses bagages danois !) on est emporté par le déferlement mélodique de Shéhérazade de Rimski-Korsakov. C’est juste beau.. à pleurer !
JACQUES FRESCHEL
Juillet 2016


Le Voyage en Orient du Festival Radio France
continue jusqu’au 26 juillet
04 67 02 02 01 festivalradiofrancemontpellier.com

photo : © Marc Ginot