Les 24 Caprices pour Mandoline Solo de Cosma par Vincent Beer-Demander

Éloge du capriceVu par Zibeline

• 26 mars 2020 •
Les 24 Caprices pour Mandoline Solo de Cosma par Vincent Beer-Demander - Zibeline

Paganini n’était pas qu’un génial violoniste, il s’adonnait aussi avec la même verve à la mandoline. Vladimir Cosma lui rend hommage avec ses 24 Caprices pour Mandoline Solo composés et dédiés au subtil mandoliniste Vincent Beer-Demander auquel le musicien a déjà offert les partitions de son Concerto Mediterraneo pour mandoline et orchestre, sa Fantaisie concertante pour mandoline et cordes, sa Suite populaire pour mandoline et accordéon, son Triptyque pour le Quatuor à plectre et 16 Duos pour mandoline et guitare (composés entre 2015 et 2018).

Rencontre précieuse entre l’interprète et le compositeur, qui conjugue ici la puissance évocatoire des phrases musicales et la virtuosité d’une exécution sans faille ! Écho aux 24 Caprices pour violon seul de Paganini (on pourrait épiloguer sur ce nombre particulier, depuis les 24 chants de l’Iliade et les 24 chants de l’Odyssée, les 24 Études de Chopin, ses 24 Préludes, puis ceux de Rachmaninov 24 aussi, en référence à Chopin… arrêtons la liste), ces 24 Caprices de concert (2018) s’orchestrent selon une architecture précise qui rend chacun d’entre eux complémentaire de ceux qui le précèdent ou le suivent en une progression fluide qui livre les mouvements d’une même pensée dans ses rêveries, ses atermoiements, ses éveils, ses fulgurances. On se laisse emporter au cœur de ces mélodies aux détours inspirés, que l’on se surprend à fredonner. Tout devient évidence dans cet éclairage nouveau et familier où le flux mélodique prend une dimension intemporelle.

Les reflets des œuvres conçues pour le cinéma par Cosma affleurent avec humour : ici un thème du Père Noël est une ordure, là d’Alexandre le bienheureux, Le Grand blond, ou de Rabbi Jacob sans oublier celui de la chanson Destinée… On croise l’Espagne dans le Caprice 5, Andalousie, et la mandoline emprunte alors aux techniques de la guitare, puis dans le Caprice 11, Nadia (l’aimée de Michel Strogoff), prend des allures de balalaïka… On voyage grâce à ces tableautins ciselés, abordons élans puissants et fragiles retournements, intensité lyrique et légèreté espiègle, lumineuse fluidité et âpres émois… La mandoline semble parfois se multiplier en orchestre complet, puis offre une ligne en épure, échappe à la matière, livre des pages aériennes, devient percussive, vibre de son ossature tout entière. Les trémolos qui caractérisent son jeu ne sont jamais superflus, mais apportent à l’ensemble une irisation qui ourle de nouveaux bonheurs la riche palette de l’interprète. … Un bijou d’écoute !

MARYVONNE COLOMBANI
Mars 2020

Vladimir Cosma – 24 Caprices pour Mandoline Solo – Vincent Beer-Demander

Label: Larghetto Music
Distribution CD : Socadisc
Distribution numérique : Believe Digital

À venir

Dans le cadre de 1001 notes, Les Concerts « aux notes Citoyens », on pourra entendre à 21h jeudi 26 mars Vincent Beer-Demander dans l’interprétation d’un répertoire qui rassemblera des œuvres de Vladimir Cosma et Ennio Morricone.

Il suffit d’aller sur l’un des sites suivants :
www.festival1001notes.com
www.facebook.com/festival1001notes