Critique: Les frères Debailleul créent des mondes pour le Centre d’Art Contemporain Intercommunal à Istres
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Les frères Debailleul créent des mondes pour le Centre d’Art Contemporain Intercommunal à Istres

Effleurements

• 12 janvier 2018⇒15 mars 2018 •
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Les frères Debailleul créent des mondes pour le Centre d’Art Contemporain Intercommunal à Istres - Zibeline

Avec les frères Debailleul, lumière et magie créent des mondes flottants pour le Centre d’art contemporain d’Istres.

Un des attraits de la programmation du CAC d’Istres est de proposer un fil rouge thématique pour chaque exposition, construit avec des projets spécifiques, le plus souvent à l’échelle de l’hôtel particulier qui l’abrite (en attendant un lieu plus adapté). Pour ce second volet d’In Lumine , la lumière prend le chemin de la magie, emprunte à la scène et aux nouvelles technologies comme à la peinture. Celle des tableaux matiéristes vaporeux rappelant Turner de Louis Debailleul, rejoint par son frère Clément, danseur, créateur de la compagnie Cie 14:20 et initiateur du mouvement de la Magie nouvelle.

Dispositifs

Cependant, ne vous attendez pas à une profusion d’effets spectaculaires, de la prestidigitation ou de l’art forain. Si le principe illusionniste est en jeu, les deux confrères ont conçu des dispositifs discrets, le plus souvent plongés dans le noir, avec le renfort de la vidéo et du numérique, suivant des cycles de quelques minutes. Pas d’ostentation techniciste contrairement à certaines tendances digitales du moment ni de très innovant pour les arts visuels (qui ont très tôt invité la technologie dans leur champ d’exploration : art cinétique, installation vidéo…). L’essentiel se joue avec le temps, contemplatif et poétique, et des métamorphoses visuelles subtiles. Au premier regard, Transformation silencieuse (salle 2) ne se distingue pas des autres toiles de Louis Debailleul présentées à proximité de façon usuelle. Et le visiteur hâtif de passer éventuellement à côté de cette proposition tout en demies teintes, sans en percevoir les imperceptibles transformations (de lentes projections lumineuses colorées). Phénomènes que reprend plus loin Nuances, écran lumineux proche du format tableau, combiné en résonance sonore avec la pièce de György Ligeti, Melodien (1971). Image et son construisent là un continuum sonore et visuel aux évolutions sans origine ni fin, ni centre focal. (à présenter seul de préférence ?). Le dispositif peut aussi se rendre plus ludique. Dans Impressions (salle 1), le visiteur est incité à se prendre au jeu  de ses propres gestes transformés en traces fantomatiques, évoquant la photographie spirite. Dans la salle 4, Nur met le visiteur cette fois-ci au centre, dans un déroulement plus séquencé et gestes dansés sur deux écrans géants. Émanation (salle 3) s’inspire du Pepper’s ghost, illusion d’optique à la base de tours de magie en vogue au XIXe siècle, sorte de lente mise en abyme du double des images/tableaux. Entre apparition/disparition, déplacement diffus du regard, on ressort de ce parcours imprégné d’une sensation de poésie lente et fugace, l’esprit un peu flottant.

La saison In Lumine s’achèvera avec un important focus sur l’œuvre de Lucio Fanti, de la peinture à la scène.

CLAUDE LORIN
Février 2018

Magie et Lumière – Respiration d’un monde à un autre
jusqu’au au 15 mars
Centre d’Art Contemporain Intercommunal, Istres
04 42 55 17 10
ouestprovence.fr

Photo : Émanation, Louis et Clément Debailleul/Cie 14:20, CAC Istres, 2018, installation, vue partielle. ©Zibeline/C. Lorin


Centre d’art contemporain intercommunal
2 rue Alphonse Daudet
13800 Istres
04 42 55 17 10
http://www.ouestprovence.fr/