Paru en mars dernier, le dernier livre d’Alain Simon enfin en lecture publique

Éditer en des temps peu ordinairesLu par Zibeline

Paru en mars dernier, le dernier livre d’Alain Simon enfin en lecture publique - Zibeline

La série de lectures qui devaient accompagner la parution du dernier texte d’Alain Simon aux éditions Rouge Profond, La jouissance ordinaire, (journalzibeline.fr/critique/senivrer-du-quotidien/), paru en mars 2020, a enfin pu avoir lieu. La première se tenait en présence de l’éditeur Guy Astic, qui revint sur les conditions particulières de cette édition « sacrifiée » et, duettisant avec Alain Simon, évoqua leur collaboration riche de trois ouvrages. « Après la confiscation de la légèreté, cette réhabilitation de l’ordinaire est profondément essentielle, dense et intense dans un contexte de plus en plus insupportable » insiste Guy Astic. L’écriture prend son sens aussi grâce au regard extérieur de l’éditeur. Est remémorée « l’époque des rendez-vous dans les cafés pour discuter du texte » : « J’avais deux versions, sourit Alain Simon, une avec un “je” et l’autre avec un “il”, nos échanges ont déterminé le choix de la troisième personne. Le “je” m’a permis d’écrire ce livre, le “il” permet au comédien que je suis de le lire. Le “je” participait à la construction, et le “il” ouvre une distance, à la succession des “moi” se substitue celle des “soi”…».

Guy Astic lie au sens du texte la photographie de la couverture, elle aussi d’Alain Simon, rappelle « le rapport de la photo et de l’instantané, une manière de prendre les petits détails et de les rattacher à de grands thèmes. La biographie est une fiction, traversée par les choses de la vie qui nous traversent tous… » Il souligne aussi « l’incroyable liberté dans l’écriture » d’Alain Simon : « Tu es un cinéaste de gros plan lui lance-t-il, pas de chapitre, mais l’idée d’un même souffle porté par le sac et le ressac ». « Écrire, c’est visiter une mémoire qui n’est pas seulement affleurante, répond ce dernier, il y a une énergie inépuisable des associations d’idées car tout est dans tout, me fascine l’épaisseur à laquelle on a accès, grâce à l’improvisation, les “accidents”, les chemins de traverse… L’imaginaire se construit sur le fugitif, dans une esthétique du surgissement ». « Tu mets en mots la perception » reprend Guy Astic. Un art subtilement maîtrisé…

MARYVONNE COLOMBANI
octobre 2020

La lecture et rencontre a eu lieu le 7 octobre, au Théâtre des Ateliers, Aix-en-Provence

La Jouissance ordinaire, Alain Simon, éditions Rouge profond, collection « Debords », 13 €

Photographies : Alain Simon lecture / Alain Simon et Guy Astic © théâtre des Ateliers

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