La grande villa de Laurence Vilaine, aux Editions Gaïa

Écrire avec l’absence

La grande villa de Laurence Vilaine, aux Editions Gaïa - Zibeline

On le sait, les auteurs en résidence dans un lieu de travail ne peuvent pas laisser toute leur vie sur le seuil de la porte. Elle continue avec celle des autres au dehors. Laurence Vilaine en a fait l’expérience durant deux résidences à La Villa des Auteurs, La Marelle : la première s’est déroulée durant la maladie de son père qui est décédé avant la deuxième. Son dernier passage à Marseille lui permet de renouer avec l’écriture qu’elle croit un moment lui avoir échappé, grâce à un cahier sur lequel elle s’est jetée, délaissant volontairement son ordinateur.

À l’épreuve du deuil elle se soumet aussi à celle de la natation, «je nage entre les lignes» dit- elle. Sa solitude dans cette grande maison, les tomettes du sol, le platane devant la fenêtre, la nage, lui permettent de remplir son cahier sans ratures. Elle évoque les conversations téléphoniques avec son père, puis la dernière fois où leurs mains étaient mêlées. Elle fait l’expérience de son absence, du vide laissé par celui qu’elle interroge au-delà de la mort, trouvant enfin quelques réponses aux questions de l’enfance. Laissons à Laurence Vilaine les mots de la fin, ceux qui définissent sa notion de l’écriture : «Écrire, c’est crier sans bruit, cracher entre les lignes, aimer en secret, frissonner beaucoup.»… Et elle a retrouvé le chemin pour poursuivre l’écriture de son troisième livre.

CHRIS BOURGUE
Octobre 2016

Laurence Vilaine était en résidence d’écriture à La Marelle – Friche de la Belle de Mai, Marseille

La grande villa
Laurence Vilaine
Gaïa, 8,50 €