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Vu par Zibeline

Retour sur les concerts d’ouverture du Festival Les Musiques du GMEM

«Éblouissante» symphonie

Retour sur les concerts d’ouverture du Festival Les Musiques du GMEM - Zibeline

Dès la fin de l’après-midi du 2 mai, le grand hall de La Criée est rempli de curieux. On se tient en grappes autour des musiciens du CEFEDEM (Centre d’enseignement supérieur de la musique basé à Aix). Le compositeur Georges Bœuf présente un florilège de pièces de jeunesse : le saxophone de Thomas Dubousquet vibre et cliquette (Espaces, Monodies), la trompette de Jonathan Guidaliah résonne pour un beau Concertino en hommage à Henri Tomasi, avec Samuel Magot au piano. De jeunes interprètes, Goritsa Spasova, Mathilda Papa, Laura Tardieu se relayent pour des opus écrits «à la manière de» (Sonates à quatre mains, En avril 81) ou dialoguent aux percussions dans Jadis avec Pierre Andreïs (vibraphone) et Axel Renaud (marimba).

Après cette entrée intime dans l’univers du compositeur marseillais, on est frappé par son chemin parcouru depuis les années 1960-80, lorsque, réunis en foule dans la grande salle du théâtre, on découvre, en création mondiale, les premières notes de sa 2e symphonie intitulée «Les neiges éblouies». C’est Mallarmé, Verlaine ou Rimbaud qui sont convoqués pour une partition riche en couleurs mixées dans la tradition française : la pudeur et l’intime, la simplicité de façade, la clarté d’expression cachent un travail profond sur la forme, la prosodie, l’orchestration, les alliages sonores, le contrepoint… Roland Hayrabedian dirige Musicatreize, le Chœur contemporain et l’Orchestre Philharmonique de Marseille dans une «Préface» debussyste, un tableau où la  brume vert tendre» côtoie «l’onde», le «ciel laiteux», mais dont le cadre s’élargit plus loin vers des espaces nocturnes : des blocs harmoniques se heurtent, en écho à Stravinski ou Varèse, vers une continuité sonore d’où surgissent quelques traits solitaires et que l’orchestre enrobe, commente dans une langue où les modes, gamme par tons, chromatismes, génèrent dissonances et atonalité. L’orchestre se fait agile, pointilliste, à l’image des scherzi classiques, avant que la texture sonore se diffracte en voix multiples qui, au final, s’élèveront vers des cimes lumineuses. C’est superbe, et le public, conquis, fait un triomphe à Georges Bœuf et ses interprètes.

AGNÈS et JACQUES FRESCHEL
Mai 2015

Concerts donnés lors de la soirée d’ouverture du Festival Les Musiques du GMEM le 2 mai à La Criée, Marseille

Photo : (c) Doog Mc Hell


La Criée
30 Quai Rive Neuve
13007 Marseille
04 91 54 70 54
http://www.theatre-lacriee.com/