Retour sur le film La belle Vie de Jean Denizot, projeté en avant-première au festival nouv.o.monde de Rousset le 16 mars

Dure galèreVu par Zibeline

• 16 mars 2014 •
Retour sur le film La belle Vie de Jean Denizot, projeté en avant-première au festival nouv.o.monde de Rousset le 16 mars - Zibeline

En 2009, un homme, Xavier Fortin, était jugé pour soustraction de mineurs par ascendant. Il  avait enlevé ses deux fils de 5 et 7 ans, et les avait élevés (fort bien d’ailleurs) de planque en planque, sous de fausses identités, pendant près de 10 ans. Son procès a soulevé beaucoup de passion. La pugnacité des deux garçons pour défendre leur père a donné envie à Jean Denizot de réaliser, à partir de ce fait divers, La belle vie, son premier long métrage. Originaire du Sancerrois, c’est dans cette région qu’il transpose l’histoire qui s’est, en réalité, déroulée dans les Pyrénées. Il décide de raconter l’ultime cavale, au moment où les garçons devenus grands vont choisir leur voie.
Alors que les avis de recherche les obligent une fois de plus à quitter l’endroit où ils élèvent des moutons, l’aîné, Pierre (Jules Pélissier), prend tout simplement la fuite… pour la ville. Et puis, ras-le-bol des ragoûts de hérisson !
Pour le cadet, Sylvain, magistralement interprété par Zacharie Chasseriaud -que Jean Denizot avait repéré dans Les Géants de Bouli  Lanners– le choix est plus compliqué. Surtout lorsqu’il rencontre, à la rivière, la ravissante Gilda (Solène Rigot) dont il tombe amoureux et à qui il est obligé de mentir ; sur son identité, sur le métier de son père (Nicolas Bouchaud), sur sa vie entière. Et quand, repérés par la police, son père exige qu’à nouveau ils partent, le dilemme est terrible, d’autant plus que ce père qu’il aime et déteste à la fois, exerce sur lui un chantage affectif certain. Où est son désir, à lui ? Est-ce trahir que ne pas suivre celui qui lui a donné cette «belle vie» loin des contraintes de la société, au cœur d’une nature omniprésente  que la directrice de la photo, Elin Kirsch Fink, a filmée avec talent, se souvenant sans doute pour la fuite au fil de la rivière d’une certaine Nuit du chasseur. Si ses premières scènes, posant le cadre alternatif dans lequel les deux frères s’ébattent joyeusement, peuvent paraître convenues, voire mièvres, le film trouve peu à peu son rythme et, quand il s’achève, le spectateur se demande, comme les jurés durent le faire, si ce père a offert à ses enfants une belle vie ou une dure galère !

ANNIE GAVA
Mars 2014

La belle Vie  a été projeté en avant-première le 16 mars à  nouv.o.monde, le Festival Cinéma de Rousset organisé par Les Films du Delta, qui s’est déroulé du 13 au 16 mars. Le réalisateur,  Jean Denizot a ensuite parlé de la genèse du film et de ses choix de réalisation  avec le public. Le film sortira en salles le 9 avril

Les Films du Delta, Rousset
04 42 53 36 39
www.filmsdelta.com

Photo : La belle Vie de Jean Denizot © mezzanine films