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Vu par Zibeline

Gilgamesh devient Gilgaclash auThéâtre de Fontblanche

Du sort des légendes

Gilgamesh devient Gilgaclash auThéâtre de Fontblanche - Zibeline

Exercice difficile que de rendre proches les légendes antiques ! Avec humour, la Cie Le Scrupule du Gravier s’empare de l’un des textes littéraires les plus anciens de l’humanité, l’épopée de Gilgamesh. Sans doute l’âge minimum pour assister au spectacle doit être révisé, 15 ans plutôt que 10 serait plus approprié, même si tout est mis en œuvre pour rendre accessible le propos : les comédiens n’hésitent pas à surjouer certains passages, à avoir recours à un vocabulaire simple, voire familier, à mêler au récit pantomime, musique électro, textes slamés, beat box…

Une belle complicité s’instaure d’emblée avec le public au sein duquel les trois comédiens-auteurs, Forbon N’Zakimuena (aussi à la création musicale), Julien Tanner et Maxime Touron, « découvrent » des habitants de la ville d’Uruk, dans laquelle l’histoire commence. Sur le plateau nu trônent une console de son et deux micros, qui invitent au concert. Comme pour libérer l’imaginaire, les rôles circulent entre les acteurs qui sont tour à tour Gilgamesh, Enkidu, les dieux de l’ancienne Mésopotamie (l’Irak actuel), les parents du héros… mais aussi, leur propre personnage. Parfois la narration s’interrompt, la tablette d’argile est brisée ; l’histoire est liée à son support, que le temps ou les guerres actuelles fragilisent… L’essentiel réside dans cette difficile transmission et dans la confrontation du mythe à nos représentations : quelque fois, le jeu s’arrête pour laisser la place à de vives discussions, qui contestent, évoquent la réalité, dénigrent ou raillent les protagonistes…

S’effectue ainsi une double distanciation entre le récit antique et l’effet de réel qui apporte une touche espiègle aux tribulations de Gilgamesh, aveuglé par sa puissance, son sentiment d’être invincible qui le mettait au-dessus des lois… Son amitié, sa peur de la mort, sa quête d’immortalité, son acceptation enfin de sa condition humaine, renvoient à des sujets intemporels… Le spectacle en est à ses débuts, souffre encore de longueurs, d’essoufflements, mais est riche de promesses.

MARYVONNE COLOMBANI
Février 2018

Gilgaclash s’est joué le 1er février au Théâtre de Fontblanche, à Vitrolles 

Photographie : Gilgaclash © Marjory Levy


Théâtre Fontblanche
Allée des Artistes
13127 Vitrolles
04 42 75 25 00
http://www.vitrolles13.fr