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Vu par Zibeline

Retour sur l'exposition-installation Open poème en sept courts de Florence Pazzottu à La Traverse jusqu'au 12 avril

Du mouvement avant toute chose

• 21 mars 2014⇒12 avril 2014 •
Retour sur l'exposition-installation Open poème en sept courts de Florence Pazzottu à La Traverse jusqu'au 12 avril - Zibeline

Du 21 mars au 12 avril, Florence Pazzottu a investi l’espace galerie la Traverse pour y «parler» d’amour, de désir, de poésie, au travers d’une installation multiple, intégrant dans les trajectoires ouvertes de la même partie, sept dispositifs vidéo/texte. Corps plastiques et corps sonores à se renvoyer en liftés, revers ou coup droit, à la volée, à l’envolée. Métaphorique donc, raquette accrochée au mur dans la première salle à laquelle répondent, dans la dernière, un extrait de l’open13 et sept balles jaunes alignées sous la photo d’une chaise d’arbitre flanquée de deux sièges vides, Open poème en sept courts prendra le visiteur par l’œil et l’ouïe. C’est par une longue-vue, la voix chaude de l’artiste à l’oreille qu’il découvrira Noli me tangere, une Amante à la grive blessée, comme un autoportrait de l’artiste. Elle lui dira le manque qui fait corps au cœur du désir, le manque à offrir. C’est par un trou percé dans le bois verni d’une boîte «vinothèque» qu’il se fera voyeur, entendant dans son casque que «la voie obstinée de l’essentiel passe par trois», trois jeux/zéro. Il lui faudra franchir un rideau noir tendu pour écouter le Blason du torse d’homme, forme ancienne réinterprétée : flux des vers, ruptures, reprises en échos, syncopes, césures, mots dédoublés, troublés, troublants sur/sous/avec/ des images lumineuses de paysages vallonnés, de matières. Transparence et superposition, association et dissociation : tout un charivari érotique à la Louise Labé dans le souffle et l’essoufflement ! Puis après s’être étonné de la serviette blanche pliée sur un banc, avoir retourné dans ses mains le gros dé posé là, dont les faces l’affirment «ni le chaos ni la source tarie», s’isoler dans la cabine dialectique, seul ou à deux, y retrouver Venise et le questionnement sur amour et désir, corps et pensée. Plus loin, il s’arrêtera devant deux petits écrans pour la traversée des tunnels avec S’il naït poème, le phrasé lancinant de Florence Pazzottu répétant qu’il n’y a pas de poème sans saut, pas de programme-poème. Enfin, au bout du parcours, il se postera devant deux vidéos en regard, de mur à mur, projections alternées d’un montage de films sur les chantiers et événements de Marseille 2013. Le discours politique tout en injonctions, fait du haut du Triangle du pouvoir, caustique, jouant des mots à la Prévert, relayé par le poème qui donne son titre à l’ensemble pour «indéfinir» à l’infini un art poétique.

ELISE PADOVANI
Mars 2014

Open poème en sept courts
Jusqu’au 12 avril
Espace galerie La Traverse, Marseille 2e
Ateliers de l’image – Grains de Lumière
04 91 90 46 76
www.altravoce-marseille.com
www.ateliers-image.fr 

Photo : Open poème © 2013 Florence Pazzottu