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Des nouvelles du GMEM, Centre National de Création Musicale dirigé par Christian Sébille

Du côté du Centre National

Des nouvelles du GMEM, Centre National de Création Musicale dirigé par Christian Sébille - Zibeline

Le GMEM, Centre National de Création Musicale (ils sont 7 en France) se prépare pour son grand festival. Le programme est abondant et complet, à la fois curieux et divers, allant des formes théâtrales ou dansées au concert d’ensemble, vocal, en passant par l’électroacoustique, spécialité du directeur maison, Christian Sébille. Depuis sa nomination le GMEM est partout : il conçoit la programmation musicale (sur le rapport texte musique) de la Bibliothèque départementale, s’encanaille lors de Reevox avec le Cabaret Aléatoire pour que musiques électroniques (actuelles et pulsées) et électroacoustiques (contemporaines donc sans beat) mixent leur amour commun du son, propose des Matins Sonnants autour de la voix chantée à l’Opéra de Marseille, fusionne ses forces avec celles du GRIM de Jean Marc Montera… il arrive même au directeur compositeur de diffuser en personne et en direct au Klap !

Cette année, le Festival Les Musiques –qui demeure le temps fort de la programmation du Centre National- accorde une place plus large aux compositrices en leur consacrant une soirée et quelques attentions (on est loin de la parité, mais étant donné le «répertoire» contemporain il est difficile de faire mieux…) ; garde le lien avec ses racines historiques en programmant la création du fondateur Georges Boeuf par Musicatreize ; fait une belle place aux forces régionales plus récentes en programmant la création de Benjamin Dupé, et l’ensemble C Barré ; donne à voir et à entendre des spectacles contemporains programmés dans les autres festivals du circuit. Mais fort de son budget conforté et conséquent, le Centre National a-t-il gardé l’esprit de recherche et de décentralisation que son sigle des années 70, Groupe de Musique Expérimentale de Marseille, nommait si bien ?

Le Matin sonnant du 22 mars était à cet égard emblématique. Dans les ors du sublime foyer art déco de l’Opéra, l’ensemble C Barré jouait Beiseit de Heinz Holliger, interprété par le contre-ténor Alain Aubin. La musique, réinterprétation post-sérielle de la tradition allemande romantique puis expressionniste du cycle de Lieder, passait d’un état émotionnel à l’autre, en de subtiles nuances de diverses mélancolies… que le chanteur laissait affleurer, mais que l’ensemble dirigé par Sébastien Boin, malgré les qualités évidentes des musiciens, rendait en impulsant une dynamique très égale. Du coup la musique, pourtant toute récente, semblait comme amidonnée, à peine sortie d’une armoire ancienne… L’effet était il voulu ? En tous les cas l’esprit d’expérimentation semblait loin ! Mais réussir à convoquer un public nombreux pour écouter de la musique du XXIe siècle à l’opéra, un dimanche matin, est déjà une expérience !

AGNÈS FRESCHEL
Avril 2015

GMEM
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